Il y a peu de temps, j’ai reçu le mail que je copie ci-dessous. Ce mail halluciné fait suite à un post intitulé « mes livres pour faire mieux que Dan Brown », un post que je pensais drôle, dans lequel j’avais inventé trois livres avec une histoire à la con à base de Mossad et de palestiniens barbus comparés au père Fourras.
Si vous voulez voir le post dont je parle, c’est ici.
Je vous jure que le mail qui suit est authentique.
De : golanxx@hotmail.fr
A : marcellus55@yahoo.fr
Objet : Le silence est un signe d’intelligence.
Date : Mon, 13 Mar 2006 12 :56 :04 +0100 (CET)
Hello toi !
Je viens de tomber sur ton blog, sur la page du Mossad.
Tout d'abord, je te conseil de faire attention quand tu evoques ce sujet, c'est un sujet sensible, et derriere ce service secret, qui est d'ailleurs le plus performant a travers le globe, il y'a une histoire. Celle du peuple juif, qui longtemps persecuté, a decidé (enfin?) a se defendre.
Je connais enormement le Mossad, ce service, je me suis interessé pendant de longues années.
Si tu as des reproches a faire au Mossad ou des questions, a la place de les juger, renseigne toi...
Quand tu ecris "les plus atroces et les plus inexplicables du Mossad a été commis"...
Poses moi toutes les questions que tu veux, et je te certifie que tu auras uine reponse pour chaque question (encore faut il que que tes questions soient concretes).
"et tout ce que les juifs ont cherché à cacher. "... Dire cela, c'est d'une generaliser "les juifs", donc dire que tout les juifs sont des menteurs, encore un amalgame...
Comme si que le meurtre d'Ilan Halimi, tué a cause "d'un antisemitisme par amalgame", n'aurait pas suffit.
Si tu as des critiques a faire, si tu veux poser des questions pour comprendre, si tu veux debattre, je suis la.
Sur le conflit isralo-arabe, les juifs en general, ou tout ce qui se rapporte a ces deux sujets.
Voila, mais quoi qu'il en soit, ne generalise pas, et ne diabolise pas une service que tu ne connais pas.
Golan...
P.s: si tu continues dans cette voie, a donner des elements a diaboliser le Mossad et le peuple juif, il vaut mieux que tu gardes le silence (regarde le titre du message, tu comprendras)
Sur cette note à propos de Lorie, une visiteuse (Noémie de son prénom) proposait un poème qu’elle qualifiait de « super ». Une autre (Florine) lui a répondu à propos de ce poème : il é tro beau! les rimes sont bien faits! j'te conseille de devenir poète tellement t forte! (Fin de citation).
Examinons le chef d’œuvre en question, dans lequel il y a plus d’œuvre que de chef.
la pluie
le ciel devient gris
les plantes se préparent
les nuages se multiplient
les fourmis se font rares
On sent la force d’inspiration Wéberienne dans ce dernier vers. De plus, nous pouvons noter qu’il s’agit d’une versification d’inspiration classique, en 6 pieds, appelée hexamètre. C’est sur ce rythme qu’est bâtie l’œuvre de Homère. Noémie sera la nouvelle Homère ou ne sera pas (de toutes façons, elle ne comprendra pas si elle lit ça, elle va simplement se demander ce que le père de la famille Simpson vient faire là-dedans).
les anges partent
il va pleuvoir
jouons aux cartes
ou regardons nous dans le miroir
Il faut savoir que lorsqu’il pleut, les anges quittent le terrain. Ils ne supportent pas la pluie.
En plus, dans le monde tourmenté de la pauvre Noémie, lorsqu’il pleut, il n’y a que deux choses à faire : jouer aux cartes, ou se mirer. C’est vrai que ça rime, mais ça ne rime à rien !
qui nous sommes?
le soleil nous éclaire
la pluie nous assomes
il est temps d'allumer les réverbères
C’est vrai, au fond, qui sommes-nous ? Vous noterez l’audacieuse place du sujet « nous », placé avant le verbe, afin d’appuyer encore plus la sensation de perte de repères. C’est terrible.
Et lorsqu’il tombe une pluie assommante (pour qu’une pluie soit assommante, il faut que les gouttes fassent 3 litres 50 environ), effectivement, il convient d’allumer un réverbère. Ou même plusieurs, c’est comme on veut.
panne de courant
allumons les bougies
on claque des dents
que faut-il en dire de la pluie?
Les pannes de courant font souvent claquer des dents. En particulier chez ceux qui ont des dentiers électriques. Et l’auteur se pose une question sur laquelle la philosophie s’est souvent penchée sans jamais pouvoir répondre : « que faut-il en dire de la pluie ? ». C’est vrai d’abord, que faut-il en dire ?
on s'ennuie
on ne peut pas sortir
soudain arrive la nuit
il est temps de dormir.
C’est faux. On peut sortir lorsqu’il pleut. Il suffit pour cela d’être doté de jambes (ou d’un fauteuil roulant) et de bras (pour ouvrir la porte), et on peut, techniquement, sortir. Mais pourquoi la descendante de Sapho aurait-elle glissé une erreur dans ce poème qui respire le génie créateur à chaque vers ? En fait, ce n’est pas une erreur. C’est pour expliquer aux lecteurs que, à cause de son jeune âge, sa mère lui interdit de sortir lorsqu’il pleut, et puis t’as pas fini tes devoirs bordel, mais qu’est-ce que j’ai fais au bon dieu pour avoir une fille aussi conne, c’est pas possible, Gérard, mais dis quelque chose à ta fille, merde !
La nuit, Noémie dort. C’est tant mieux, ça lui évite d’écrire des poèmes de merde qu’elle balance sur ce qu’elle croit être un forum consacré à Lorie (authentique).
Il y a trois jours, certains fêtaient la fête juive de Pourim, qui commémore la victoire des juifs sur les membres de l’armée perse venus les assassiner. Mais historiquement, que s’est-il réellement passé ? Je vous propose de le découvrir avec moi.
Il y a très longtemps, le Gérard Depardieu de l’époque était perse et s’appelait Assuérus. Il était marié avec une femme bonne, qui s’appelait Vachti, qui était une cochonne. Alors qu’il venait de faire un gueuleton de 187 jours, au cours duquel il s’était murgé la gueule avec ses potes gouverneurs et notables, il a eu l’idée de leur montrer sa femme. Il l’appela, mais elle refusa de venir, disant qu’elle préférait se faire pénétrer le chat par un chameau plutôt que de montrer se gueule à des mecs bourrés qui pensaient qu’au cul, et que de toutes façons, c’est elle qui se tapait tout le boulot dans la baraque, et qu’elle en avait marre, que si elle avait su elle aurait épousé Assiatrus le réparateur de chars persans. Courroucé par ce refus, le roi Assuérus la répudia, c’est à dire qu’il jeta Vachti : « Vachti, va chier » lui dit-il, prononçant ainsi la phrase rituelle de répudiation.
Mais il était bien embêté, puisqu’il avait besoin d’une nouvelle femme, une bonnasse de préférence, avec d’énormes seins, parce que Assuérus adorait les gros nibards. Il envoya donc madame Ananya Bouc, émissaire, organiser un grand casting dans tout le pays pour trouver la femme la plus belle avec les plus gros nichons. Un peu comme pour la star academy. Mais contrairement à la Star ac’, il ne fallait pas qu’une grosse avec une tête de trisomique gagne.
La vainqueuse était bonne et avait de grosses mamelles. Elle s’appelait Esther, et était élevée par son oncle Mardochée, qu’elle appelait affectueusement « parrain ». Il était juif, mais TRES juif. Elle aussi, mais monsieur Brun ne le savait pas (le roi non plus).
Un grand copain du roi s’appelait Aman (comme Simon). C’était le Dieudonnée de l’époque. Il détestait les juifs (qu’il accusait d’avoir été déporté à Babylone et tout et tout) et voulait les tuer (c’était aussi le Mahmoud Ahmadinejad de l’époque). Il dit au roi que ce serait un trip sympa d’éliminer des gens qui voulaient s’emparer du pouvoir, contrôler les médias, et former un vaste complot mondial avec les francs-tailleurs de pierres (il n’y avait pas de maçons en Perse). Le roi dit OK, et Esther le su. Elle pleura toutes les larmes de son corps, et décida d’aller voir le roi. Mais elle avait pas le droit d’aller voir le roi tant qu’il lui disait pas de ramener son cul, et il ne lui avait pas dit de ramener son cul. Elle décida d’arrêter de bouffer pendant trois jours, de se faire épiler la chatte en ticket de métro et d’aller voir le roi, son mari. Il ne lui fit pas de reproche, et elle l’invita à une bouffe. Pendant ce temps, son oncle avait perdu la tête et se foutait de la cendre sur la tronche et s’habillant avec des sacs poubelles.
Au cours de la bouffe, Esther invite aussi Aman, qui était tout content et qui avait fait préparer une potence pour Mardochée, qui n’avait pas répondu à un redressement fiscal. Au cours du repas, Esther dit au roi « eh, tu sais, j’suis feuj, et le trouduc il veut tous nous niquer notre race ». le roi fut furieux et il gueula contre Aman, qui se prosterna devant la reine. Celle-ci lui dit : « laisse-moi kiffer la vibe avec mon mec, j’suis pas d’humeur à ce qu’on me prenne la tête ». Et le roi fit pendre Aman.
Et il permit aux juifs de se défendre (ce qui montre qu’il n’appartenait pas au Hamas), ce qui leur permit de sauver leur peau.
La prochaine fois, la pâque juive !
Lorsque lassé des élucubrations incohérentes sur l’amour que profère le décérébré Bernard Werber tout au long de ses « livres », déçu des babillages pour petites filles ferventes adoratrices des blagues de Picsou Magazine de Amélie Nothomb, écoeuré de l’histoire d’amour éculée entre deux adolescents qui se suicident sans baiser (Roméo et Juliette), bref, lorsqu’on veut un livre, un vrai, on va à la FNAC (ou à Auchan, ou à Super U) et on achète « les cimetières sont un champ de fleurs » de Yann Moix (le type qui a aussi écrit l’incroyable « Podium » qui narre de façon hilarante et cruelle le quotidien des fans de Claude François).
« Les cimetières… » pourrait avoir pour sous-titre « Lettres à Elise ». Elise est la femme de Gilbert. Le livre commence alors qu’elle a eu un accident avec leurs jumeaux, alors qu’elle était au volant de la voiture, en train de rire d’un sketch de Fernand Raynaud (ce qui fait dire à Gilbert : « Je suis sans doute le seul homme sur la terre à avoir perdu ses enfants à cause de Fernand Raynaud »), accident mortel pour les enfants mais dont elle sort indemne. Physiquement. Et Gilbert la tient pour responsable ET coupable. Il va le lui faire payer en cessant de lui parler (un peu à l’image de Gabin dans « Le chat »), puis en la torturant (il l’oblige à regarder des images des vacances, il lit des contes dans la chambre des enfants), tout en cherchant à se suicider (mais pas un suicide commun, il veut un suicide fou, à l’image de ce qu’il est devenu. Il va tout tester : les partouzes, les putes, il va aller insulter deux « bougnoules » dans une cité, il veut s’essayer aux drogues… Un suicide social). Tout en perdant la tête, il cherche le pire pour la « saloperie » qui dort au même lit que lui. Et qu’il n’a jamais aimé, lui qui reste hanté par le souvenir de Myriem.
J’aimerais beaucoup, saloperie, que tu t’effondres sous mes coups de mari, en souvenir de cette alliance en forme de trou, parce que tu me fus trou, et seulement trou. T’aurais-je tant aimé pour ta gueule aux orbes pâles, ta frime en déchet ? Nenni, vieille pintade. T’aurais-je aimé pour l’argent ? Tu n’en avais pas. Je fus fou de t’épouser, de dire oui, de permettre à ta viande de côtoyer mon esprit, de t’inviter à contaminer mes jours par les tiens. Tu es ma tumeur. Je vais mourir d’un cancer de ma femme.
Cette haine folle va atteindre son paroxysme au moment du suicide d’Elise, qui ne supporte plus cette vie. Et puis…
Et puis Gilbert va découvrir les cahiers intimes de sa femme, dans lesquelles elle consignait tout l’amour qu’elle avait pour lui. Et Gilbert dont la haine avait atteint des sommets d’indécence, va découvrir que cette femme était finalement tout pour lui. Il va s’enfuir, et fonder un centre. En mémoire de sa femme. Un centre de recherche avec de vrais chercheurs qui consacreront leur vie à tout savoir d’Elise. Parce que c’est un amour fou et irraisonné qui saisit Gilbert. Il veut tout savoir d’Elise. Tout ce qu’il n’a jamais eu l’envie ni le temps de savoir alors qu’elle était encore là. Il écrit, lit, fait effectuer des recherches. Un travail de fou. Il était fou dans la haine, il sera fou dans l’amour. Mais pas « fou d’amour » au sens d’un chanteur merdique pour jeunes prépubères en string. Non, fou d’amour au sens médical.
Et Yann Moix, dont je n’arrive pas à imaginer l’état dans lequel il était en écrivant ces mots de haine et d’amour, Yann Moix écrit parfaitement. A la folie…


