Prochain texte mis en ligne: demain (oui, je sais, c'est lundi, mais il faut savoir vivre dangeuresement de temps en temps).
Pour mémoire, je vous rappelle la première phrase (qui était imposée): Un homme avait trois filles. Dont un fils, parce que personne n'est parfait.
Ce premier texte est l'oeuvre de Tant Bourrin;
Un homme avait trois filles. Dont un fils, parce que personne n'est parfait.
Ces trois filles furent élevées comme des princesses jusqu'à ce qu'elles soient en âge de se marier. Cela tombait bien : leur père était roi et elles avaient donc bien le rang de princesses. Sauf le fils, mais personne n'est parfait.
Trois beaux princes, venant des royaumes voisins, leur furent trouvés. Ils étaient tous trois beaux, tendres et forts et les princesses en furent ravies. Les trois mariages furent célébrés le même jour et l'on festoya jusqu'à plus d'heure dans tout le royaume. Et au matin, dans les trois chambres nuptiales, un sourire béat illuminait la face des trois princes.
Sauf la face de celui qui avait épousé le fils, parce que personne n'est parfait.
Mais quand, trois mois plus tard, la syphilis sema la mort sur toute la contrée, il fallut enterrer ces trois jolis petits couples princiers. Sauf le dernier qui n'était pas parfait, mais toujours bien vivant. Il faut bien que ça serve de temps en temps, l'imperfection.
SOIF
Le César d’honneur qui a été remis samedi dernier à Pierre Richard aurait dû, au départ, être attribué à Gérard Depardieu. Mais celui-ci a refusé la récompense après qu’on la lui ait montré : il ne trouvait pas le bouchon.
INTERROGATION EXISTENTIELLE
Début des jeux paralympiques le 10 mars. Carole Montillet a chuté (aux jeux normaux, avec des commentateurs et des rediffusions télé) et s’est relevée avec une tête de trisomique. Est-ce qu’un trisomique qui chute se relèvera avec la tête de Carole Montillet ?
HANDICAP
Selon le principe de parité, Philippe Candeloro ne commentera pas les jeux paralympiques. En effet, puisqu’on a pris un handicapé pour commenter les jeux olympiques, on prendra un valide pour commenter les jeux paralympiques.
MEDAILLE
La médaille d’or de patinage artistique aux jeux paralympiques sera attribuée au premier qui réussira à sauter.
MENSONGE D’ETAT
Ilan Halimi n’a pas été victime d’antisémitisme. Le chikoungougnia est donc une maladie que les réunionais transmettent aux moustiques en les enculant.
RESSUCITE
Demis Roussos va bien. Lundi dernier, j’ai pris peur en écoutant France Info, qui annonçait la mort d’un poilu. En fait, il ne s’agissait que d’un type qui avait combattu au cours de la première guerre mondiale, pas de l’inénarrable chanteur des Aphrodit’s Child.
BAPTISEE
Amélie Moresmo va déménager pour aller habiter au Cap d’Ail. Elle sera donc officiellement… la gousse d’Ail. (désolé)
DE PIRE EN PIRE
Le chanteur Corneille, qui devait écrire la chanson de la France à l’Eurovision, a été admis à l’hôpital. En effet, une admiratrice s’est jetée sur lui et lui a sectionné le pénis et les testicules. Elle a avoué avoir toujours rêver de posséder trois pièces originales de Corneille.
ON TOUCHE LE FOND.
Un écossais a annoncé qu’il allait distiller du whisky à 92°, mais que ce whisky ne serait en vente que dans 4 ans. Annie Girardot a annoncé qu’elle allait désormais vivre en Ecosse.
Sinon, à partir de demain, je mets en ligne les textes reçus pour le jeu du mois de février (vous avez jusqu’à dimanche soir minuit cachet de la poste faisant foi) pour l’envoyer et tout et tout, et on votera une fois que tous les textes seront en ligne (il y en a pour le moment 5).
Message personnel à ceux qui viennent pousser de déchirants appels à la tolérance, au respect de l’autre et laisse de vibrants commentaires contre le racisme (mais pas l’antisémitisme) dans les commentaires des notes sur Ilan Halimi : j’aurais trouvé vos cris indignés contre TOUTES les formes de racismes, vos emportements contre la ségrégation tellement plus sincères si, lorsque je parlais du racisme envers les noirs (par exemple), vous étiez venu me dire de ne pas oublier l’antisémitisme. Je vous aurais presque cru si votre antiracisme n’était pas à sens unique.
Les commentaires disant qu’il ne faut pas monter une communauté contre une autre sont d’un racisme consommé. Ces phrases sont une insulte à ce que sont les noirs (parce que là, oui, on parle des noirs) ; dire que Fofana est un assassin antisémite est pour vous insoutenable, ça exacerbe, selon vous (qui êtes bien blancs) les tensions entre ce que vous appelez « communauté », comme s’il existait une communauté noire, regroupée autour de ce seul critère. Vous estimez être supérieurs, en classant les autres dans des communautés, vous-même n’appartenant bien évidemment à aucune communauté, et surtout pas à la communauté blanche. Vos propos sous-entendent que les noirs seraient indignés qu’on parle d’antisémitisme envers Ilan Halimi. Pour vous, tous les noirs se valent, il n’y a que des bons, gentils, qui ont le rythme dans la peau et un très gros sexe. Mais vous insultez l’ensemble des personnes de couleur noir en refusant qu’on puisse traiter un noir d’antisémite, au nom d’on ne sait quel principe de généralisation.
Lorsqu’il y a quelques temps, je recevais une pétition appelant à protester contre le massacre des phoques, j’en avais rigolé. Vous aussi (enfin, c’est ce que laissaient penser vos commentaires). Pourtant, aucun d’entre vous n’est venu dire de ne pas oublier les hermines, dont la chasse est toute aussi atroce. Non, nous avions parlé des phoques. Pour Ilan Halimi, vous n’avez pas écrit une seule fois qu’il s’agissait d’antisémitisme (sans rien ajouter derrière). Non, votre courroux est allé vers l’homophobie, le racisme, la xénophobie. Alors que pour les phoques, nous n’avons parlé que de phoques, pour Ilan Halimi, vous vouliez parler de tout sauf d’antisémitisme.
Refuser de nommer l’antisémitisme et se réfugier derrière des généralités, c’est refuser de voir que des choses vont mal en France. Dire « racisme » lorsqu’on parle d’antisémitisme, c’est ET refuser une réalité, ET noyer le poison du racisme en le citant dès que l’occasion se présente. Lorsqu’on parle d’homophobie, on parle d’homophobie. Lorsqu’on parle de racisme, on parle de racisme. Alors, s’il vous plait, lorsqu’on parle d’antisémitisme, parlons d’antisémitisme !
Un jour (il n’y a pas de raison que ça n’arrive jamais, vu le contexte actuel), un noir se fera assassiner parce qu’il est noir. Je vous attendrai, venir nous parler d’antisémitisme, en refusant obstinément de parler de racisme envers les noirs.
Un jour, quelqu’un proposera d’éliminer de la surface de la terre les noirs et les juifs. Et, drapés dans votre vertueuse conscience, nous vous verrons vous lever, indignés, pour demander : « mais pourquoi les noirs ? ».
Et oui, au bureau, rien n’a changé depuis la dernière fois où je vous en parlais. Même mieux, personne ne s’est amélioré (et moi non plus, bien évidemment). La semaine dernière, je ne me souviens pas qui a lancé le débat sur la mort d’Ilan Halimi (et ce n’est pas moi). Quelqu’un qui se plaignait que maintenant, on parlait d’un crime antisémite.
C’était édifiant cette discussion.
Celle dont le prénom commence par Si et fini par mone (oui, celle qui cherchait la touche ‘rien’ sur son clavier) a décrété qu’elle en avait marre. Parce que c’est vrai quoi, des fois, on se demande, bon, c’était pas pour dire, mais quand même, des fois on a l’impression qu’ils le font un peu exprès, à se promener avec un chapeau et des papillotes. Non mais on est en France quand même. C’est comme les arabes d’ailleurs, elle a rien contre, mais quand son fils a été manifesté après le 21 avril, ben il s’est fait voler son sac par un arabe, alors qu’il avait été manifester pour eux quand même. Mais les juifs, on a l’impression qu’ils cherchent les problèmes quand même. En plus, c’est eux qui ont l’argent, bien sûr, y’a qu’à voir le nom des banquiers, et il y a des quartiers entiers de juifs dans certaines villes.
Un autre membre émérite a ajouté qu’on se demandait d’où ils tenaient tout leur argent, puisque, après la seconde guerre mondiale, ceux qui sont revenus ont racheté des immeubles, alors qu’ils étaient censés ne rien avoir. Ce doivent être les américains qui ont financé. Et puis, les juifs pauvres n’existent pas. Et, ancien membre du PC, il a ajouté qu’il avait connu des juifs au parti, mais des intellectuels, des professions libérales, et pas un ouvrier. Lorsque j’ai eu l’audace de dire qu’il y avait certainement des ouvriers juifs quelque part, il m’a assuré du contraire. Et de toutes façons, les kibboutzim ne sont plus occupés par des juifs, mais par des arabes.
C’est rigolo l’argument des ouvriers et des juifs pauvres. Parce qu’il faut avoir une mentalité assez particulière pour demander aux juifs que l’on côtoie leur profession, pour avoir le plaisir de les ranger dans la catégorie ‘professions à fric’.
Un autre collègue m'a quasiment crié dessus que "les juifs [puaient] le fric", qu'il n'y a qu'à voir certaines rues commerçantes qui ne sont tenues que par des juifs. Il aurait été inutile de lui parler des juifs de Créteil qui habitent dans une cité pas terrible, qui se trimballent en métro avec une casquette au dessus de la kipa, casquette qu'ils enlèvent dès qu'ils ont quitté le métro.
De ceux qui viennent sur ce blog, je sais que certains sont juifs. Il y en a qui sont juif et je ne le sais même pas. Ben il ne me viendrait pas à l’idée de demander la profession des gens qui viennent sur ce blog, pas plus que de demander un certificat de judéité.
J’aurais presque pu intituler ce post « chronique de l’antisémitisme ordinaire », mais on aurait prit ça pour un amalgame.
Comme il est de bon ton de dire qu’Ilan Halimi n’est pas mort à cause de l’antisémitisme de ses bourreaux (qui l’ont juste enlevé parce qu’il était juif et que TOUS les juifs sont riches, mais ce n'est pas de l'antisémitisme d'enlever des gens parce qu'ils sont juifs), mais à cause d’un amalgame, nous allons examiner aujourd’hui la crédibilité de cette thèse. De toutes façons, il est de notoriété publique que l’antisémitisme n’existe pas, qu’il n’a jamais existé, et que les chambres à gaz sont un point de détail de la deuxième guerre mondiale.
Un amalgame dentaire est une combinaison de poudres d’alliage (argent, étain, cuivre,...) et de 50 % de mercure, utilisé comme matériau de restauration des dents cariées.
Le mercure peut être dangereux à haute dose. Pour savoir si on pouvait vraiment mourir d’un amalgame, j’ai eu une conversation imaginaire avec un dentiste.
- Cabinet du docteur Salomon Ben Gourion bonjour !
- Bonjour ! Vous tombez très bien, je pense que vous êtes un spécialiste. Je vous appelle pour un problème d’amalgame. Je voudrais savoir s’il est possible d’en mourir.
- En mourir ? Vous avez mal aux dents ?
- Non, c’est pas pour moi, c’est pour quelqu’un que je connais… Enfin, dont j’ai entendu parler.
- Il était vieux cet amalgame ?
- Oh oui ! 2000 ans environ ! Au début, c’était un petit truc dans l’évangile selon Jean, puis au fil des siècles, des choses se sont agglomérée par-dessus.
- 2000 ans ?! Mais c’est vraiment vieux ça ! Un amalgame de 2000 ans, je ne sais pas si on peut faire quelque chose… Vous savez, les amalgames servent uniquement à boucher des trous, ce ne sont que des solutions économiques…
- Oui, je sais. Lorsqu’il n’y a rien à faire et qu’une douleur est présente, on pense directement à l’amalgame, et ça fonctionne…
- Oui enfin, ça fonctionne pour un temps. Parce que ensuite, il devient poreux, et il faut le refaire ou arracher…
- Ben justement… Rien n’a été arraché, on s’est contenté d’en remettre une couche. L’église catholique s’en est donnée à cœur joie depuis des siècles, attribuant les tremblements de terre, les épidémies de pestes et autres guerres aux juifs… Et elle a continué à attribuer la mort du Christ à ce peuple…
- Stop. Je ne me mêle pas de politique. Je refuse de continuer cette conversation. Vous savez, il est arrivé aux juifs de se mêler de politique, et ça a conduit à… des amalgames…
- Mais attendez ! Je veux savoir si l’on peut vraiment mourir d’amalgame ! C’est tout !
- D’amalgame, non. Personne ne peut mourir d’amalgame. Même dans votre cas de très vieil amalgame, avec des couches successives. On n’appelle pas ça un amalgame monsieur.
- Et on appelle ça comment alors ?
- J’ai dit que je terminais là cette conversation.
- Mais dites-moi comment ça s’appelle s’il vous plaît !!!
Il avait raccroché.
Il ne me restait plus qu’à conclure en moi-même :
- Tu ne veux pas me dire comment ça s’appelle, hein sale… ?
Ca y est ! J’avais ma réponse !


