Vendredi soir, cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Turin. Samedi, début des épreuves. Et quand je dis « épreuves », je pèse mes mots. Alors un petit tour des disciplines les plus connes de ces jeux olympiques (et à part pour le curling, on parle de vrai sport, physique et tout et tout).
Le curling : une personne est chargée de lancer une bouilloire sur un petit morceau de patinoire, puis deux de ses coéquipiers qui portent d’improbables costumes de cosmonautes éthiopiens passent le balai devant la bouilloire, avec le même enthousiasme qu’une femme de ménage portugaise le jour de ses étrennes. Le gagnant est celui qui a fait le plus de points, sachant que pour avoir des points, il faut être le plus près possible de la cible peinte sur la patinoire (la peinture, c’est pour être sûr de bien la niquer la patinoire).
Le biathlon : Cette épreuve combine deux épreuves qui n’ont rien à voir entre elles. Ces sportifs doivent faire du ski de fond, puis, sans véritable raison, s’arrêter et tirer sur de minuscules cibles qui sont très loin. S’ils ratent, ils doivent skier plus longtemps. Ca n’a tellement rien à voir qu’au début de l’olympisme, le biathlon était très différent : D’abord, du ski de fond, puis, à la moitié de l’épreuve, les sportifs devaient jouer Gingle Bells à l’harmonica avec leur anus, et à chaque fausse note, il fallait skier plus longtemps. Mais certains concurrents trop lents s’étaient retrouvés avec un harmonica gelé au cul, cette épreuve a donc été abandonnée.
Le hockey sur glace féminin : Il s’agit de lâcher sur une patinoire des clones assoiffés de sang de Xena la guerrière déguisés en joueur de football américain. Pour bien énerver ces espèces de femmes, on leur présente la photo d’un macho juste avant. Et les furies sont déchaînées en entrant sur la glace, ne pensant qu’à se mettre sur la gueule.
Le skeleton : Il s’agit d’un sport pour évadés d’hôpital psychiatrique. Le but : descendre une piste de luge sur une luge (oui, jusque là, c’est logique, mais la folie a une logique) mais sur le ventre, la tête à 5 cm de la glace, propulsé à une vitesse de 120 km/h. C’est à dire que si le type baisse la tête, il ressemble ensuite au fils caché d’Alice Sapritch et de Thierry Roland.
Le saut à ski : là, c’est un sport pour pédés anorexiques. Des demi-mecs (1m60 pour 25 kilos pour les plus imposants) se lancent dans le vide, des skis aux pieds, après avoir glissé sur un tremplin long de 90 ou 120 mètres. A l’arrivée, ils enlèvent leur casque et on voit combien ils sont mignons.
Le patinage artistique masculin : des hommes (?) déguisés en Clodettes des années 70 (avec paillettes et tout et tout) dansent sur la glace, perchés sur des lames de rasoir. Des juges achetés donnent des notes qui n’ont rien à voir avec la prestation, mais tout à voir avec l’argent versé pour que tel ou tel gagne. Un sport de pédés notés par des enculés.
“Chloé ne suce pas !”
“Comment ça ? Tu veux dire qu’elle ne veut pas TE sucer ?”
“Ben non... Elle m’a dit qu’elle l’avait jamais fait, et quelle avait pas l’intention de commencer avec moi...”
Telle était la teneur de notre discussion, affalé sur nos chaises, dans la cuisine de Mathieu. La bouteille de whisky que j’avais amené se trouvait maintenant à moitié vide.
La soirée avait bien commencée. En fait, elle avait commencé comme toutes les soirées de Mathieu: il m’avait appelé sur les coups de 17 heures, m’avait demandé si j’étais libre le soir, j’avais dit ouai, je ne voyais même pas ce que j’aurais pu répondre d’autre, il m’a dit qu’il organisait une soirée chez son père, qu’on serait une dizaine, et que je n’avais qu’à apporter une bouteille de whisky, une bouteille de coca, et une bouteille de vin.
C’est con à dire (et encore plus à écrire), mais cette fois-ci, j’avais l’impression que ce serait différent des autres fois... Pourtant, il n’y avait aucune raison objective pour que ça le soit: une soirée organisée par Mathieu, à laquelle il m’invite et me demande de venir avec quelque boisson. Tout comme d’habitude... Et moi qui croit que les choses peuvent changer comme ça... Sans qu’on ne fasse rien...
Au cours des soirées de Mathieu, j’ai pas appris grand chose, mais il m’est quand même resté une chose: quand un truc se révèle foireux quatre fois de suite, si rien ne change, il n’y a aucune raison pour qu’il soit pas foireux la cinquième. Me demandez pas pourquoi, c’est comme ça. Certainement une de ces conneries de loi universelle ou je sais pas trop quoi.
Toujours est-il que je me suis pointé vers 19h30, comme on avait décidé, les autres devant arriver sur les coups de 20 heures.
Quand je me suis pointé, Chloé venait juste de se barrer, fâchée pour je ne sais quoi. Mathieu était avec elle depuis environ 3 semaines, et, comme d’habitude avec Mathieu, la relation était plutôt tendue. Je ne sais même pas à quoi c’était dû. Mathieu est vraiment un garçon sympa, attachant et tout. En plus, il est assez maladroit, ce qui lui donne quand même un petit côté attachant. Côté défaut, il est un peu mou, et surtout, a été doté par la nature d’énormes narines, posées sur un nez pas si grand que ça...
Tous ceux qui devaient venir ont appelé, pour dire qu’ils ne viendraient pas. En fait, sur les 10 prévus, Chloé venait de se barrer, les 6 qui venaient ensemble avaient un vague problème de voiture (c’est pour dire ça qu’ils ont appelé), et les deux autres ne se sont même pas donné la peine de prévenir, certainement trop occupés à fumer des joints dans une espèce de cabanon sordide et teinté de gauchisme BCBG du côté de chez Gérald, un pote de Mathieu. Ces mecs qui passaient leur temps à fumer en admirant Che Guevarra étaient plus ou moins tous fils de médecin, n’avaient jamais bossé de leur vie (ils étaient étudiants, avec appart payé par papa maman, de l’argent de poche en veux-tu en voilà), et trouvaient révolutionnaire de fumer des joints sous un poster rouge. L’acte le plus révolutionnaire de Gérald restait l’achat quotidien de shit. Des révolutionnaires de mes couilles, dont je me passais plutôt bien.
A propos de fumer, un truc que j’avais appris, c’est qu’il ne fallait s’étonner de rien chez Mathieu. Une fois où je me trouvais chez lui, enfin, chez sa mère, et qu’on était pénard dans le garage à écouter je sais plus quelle musique, je vois Mathieu qui sort un paquet de clopes de pharmacie, vous savez, les clopes infectes pour arrêter de fumer. Et Mathieu en allume une, en me disant qu’il a décidé d’arrêter de fumer. Mathieu, arrêter de fumer… Sur le coup, j’ai pas tiqué, je sais pas pourquoi. C’est en rentrant chez moi que la lumière fut : Mathieu n’a JAMAIS fumé. La moitié d’une clope le rend aussi malade que s’il avait fumé 25 joints d’affilé, et c’est un peu pareil avec l’alcool. Il ne supporte pas, mais comme ça fait mâle, il persévère. En fait, le principal problème de Mathieu n’était pas tant d’arrêter de fumer que de commencer. Et commencer à fumer, c’était un truc qu’il n’arrivait pas à faire.
Enfin bref, sur les coups de 21 heures, j’ai ouvert la bouteille de whisky, parce que je préférais me faire chier avec un verre à la main plutôt que sans, et que Mathieu tournait en rond en se demandant pourquoi ses soirées foiraient quasiment à chaque fois (en tous cas, à chaque fois que je me trouvais là). On a commencé à discuter de tout et de rien, comme lors des autres soirées en fait.
Et c’est quand on a descendu la moitié de la bouteille qu’il m’a annoncé que Chloé ne faisait pas de pipes. Bon, personnellement, je vois pas trop l’intérêt d’une fille si elle ne suce pas. Une fille, c’est déjà chiant, ça parle et ça saigne, mais si en plus ça refuse de pomper le dard...
Un lave linge qui n’essore plus le linge, on le jette pour acheter un truc qui fonctionne vraiment non ? Ben une fille qui suce pas, faut la jeter, et en trouver une qui baise vraiment.
En même temps, c’est vrai que je suis pas vraiment concerné, mais je sais que je suis jamais tombé sur un mec qui ne suçait pas. Au contraire, ça m’est arrivé de tomber sur un mec qui suçait trop (j’avais même été obligé de le stopper dans sa fougue pour lui demandait s’il ne voulait pas que je lui fasse cuire un steak, tant le pauvre garçon avait l’air affamé), mais un mec qui suce pas, jamais.
Tout en vidant consciencieusement la bouteille, on a parlé de Sophie, son ex, qui avait une tête de folle du cul mais qui été folle tout court. Bon, d’après Mathieu, elle aimait vraiment la bite. Mais cette fille, je l’ai vu reprocher un efois à Mathieu, devant une quinzaine de personnes, de pas bouger assez au lit. Et de pas en avoir une spécialement grosse.
Pour la taille, le pauvre n’y peut pas grand chose... Mais franchement, se faire reprocher par une cinglé d’être fainéant au lit, c’est assez humiliant, il aurait pu réagir, merde...
Cette Sophie l’a menacé une trentaine de fois de le quitter, toujours de la même manière:
Elle venait s’asseoir sur le perron de la baraque de sa mère (à Mathieu, là où il vivait la plupart du temps), et écrivait une lettre. Si Mathieu se rendait compte de sa présence (et les longs sanglots de Sophie l’y aidaient souvent), il sortait, elle pleurait encore plus, le menaçait de ne jamais revenir et pleins de trucs fous dans le genre. Le plus fou était quand même qu’elle ne demandait rien, qu’elle ne disait pas de trucs du genre “si tu ne fais pas ça, je me tire”... Non, elle le menaçait seulement de le quitter, comme ça, pour rien, juste parce qu’elle était folle. Un jour, il en a eu marre, il est pas sorti alors qu’il savait pertinemment qu’elle pleurait devant chez lui, ben elle a passé la nuit sur le perron, et elle s’est même endormie... Pour la quitter, Mathieu a fait un truc… Enfin, faut que je raconte. Ca faisait deux-trois mois qu’il la trompait avec Chloé justement. Il ne la trompait pas ouvertement, je pense que j’étais un des seuls au courant, mais il se montrait de moins en moins patient avec Sophie. Et comme il était à la fac avec Chloé, et que Sophie bossait comme vendeuse de vêtements à une vingtaine de bornes, le truc semblait assez bien rodé. Mais Sophie s’est doutée de quelque chose. Et une fois où ils étaient ensemble chez lui, elle lui a dit, le regard et la voix lourdement chargés de sous-entendus :
- « J’aimerais bien venir manger avec toi demain midi, si ça ne LA dérange pas ».
Ben vous me croirez si vous voulez, Mathieu a pris son portable, il a téléphoné à Chloé, et lui a demandé si ça ne la dérangeait pas qu’il mange avec Sophie, parce qu’elle trouvait qu’il la délaissait. Le truc a marché, Sophie l’a quitté, et il a donc enchaîné directement sur Chloé. Franchement, on a la classe ou on ne l’a pas.
Bref, Mathieu n’avait pas vraiment de chance avec les filles, et moi, pas de chances avec les gens .Ce soir là, premier samedi du mois, une fois la bouteille de whisky vidée et la bouteille de vin entamée à la moitié (et je peux vois dire que whisky + vin rouge, le lendemain, ça vous fait un truc carabiné), j’ ai décidé de rentrer me coucher.
Mathieu allait regarder le porno sur Canal +, moi j’allais rentrer, la bouteille vide de whisky et la bouteille à moitié pleine de vin avaient l’air assez cons sur la table. Dehors, on entendait les bruits de la circulation dans la rue, avec les gens qui allaient en boîte, ceux qui revenaient d’une bouffe... Des gens qui conduisaient, qui riaient, qui s’amusaient...
J’allais aller dormir, Mathieu allait se branler, une soirée de Mathieu s’achevait, et le monde continuait de tourner.
En face de la rue, le chien des voisins s’est mit à aboyer.
Tout en vidant consciencieusement la bouteille, on a parlé de Sophie, son ex, qui avait une tête de folle du cul mais qui été folle tout court. Bon, d’après Mathieu, elle aimait vraiment la bite. Mais cette fille, je l’ai vu reprocher un efois à Mathieu, devant une quinzaine de personnes, de pas bouger assez au lit. Et de pas en avoir une spécialement grosse.
Pour la taille, le pauvre n’y peut pas grand chose... Mais franchement, se faire reprocher par une cinglé d’être fainéant au lit, c’est assez humiliant, il aurait pu réagir, merde...
Cette Sophie l’a menacé une trentaine de fois de le quitter, toujours de la même manière:
Elle venait s’asseoir sur le perron de la baraque de sa mère (à Mathieu, là où il vivait la plupart du temps), et écrivait une lettre. Si Mathieu se rendait compte de sa présence (et les longs sanglots de Sophie l’y aidaient souvent), il sortait, elle pleurait encore plus, le menaçait de ne jamais revenir et pleins de trucs fous dans le genre. Le plus fou était quand même qu’elle ne demandait rien, qu’elle ne disait pas de trucs du genre “si tu ne fais pas ça, je me tire”... Non, elle le menaçait seulement de le quitter, comme ça, pour rien, juste parce qu’elle était folle. Un jour, il en a eu marre, il est pas sorti alors qu’il savait pertinemment qu’elle pleurait devant chez lui, ben elle a passé la nuit sur le perron, et elle s’est même endormie... Pour la quitter, Mathieu a fait un truc… Enfin, faut que je raconte. Ca faisait deux-trois mois qu’il la trompait avec Chloé justement. Il ne la trompait pas ouvertement, je pense que j’étais un des seuls au courant, mais il se montrait de moins en moins patient avec Sophie. Et comme il était à la fac avec Chloé, et que Sophie bossait comme vendeuse de vêtements à une vingtaine de bornes, le truc semblait assez bien rodé. Mais Sophie s’est doutée de quelque chose. Et une fois où ils étaient ensemble chez lui, elle lui a dit, le regard et la voix lourdement chargés de sous-entendus :
- « J’aimerais bien venir manger avec toi demain midi, si ça ne LA dérange pas ».
Ben vous me croirez si vous voulez, Mathieu a pris son portable, il a téléphoné à Chloé, et lui a demandé si ça ne la dérangeait pas qu’il mange avec Sophie, parce qu’elle trouvait qu’il la délaissait. Le truc a marché, Sophie l’a quitté, et il a donc enchaîné directement sur Chloé. Franchement, on a la classe ou on ne l’a pas.
Bref, Mathieu n’avait pas vraiment de chance avec les filles, et moi, pas de chances avec les gens .Ce soir là, premier samedi du mois, une fois la bouteille de whisky vidée et la bouteille de vin entamée à la moitié (et je peux vois dire que whisky + vin rouge, le lendemain, ça vous fait un truc carabiné), j’ ai décidé de rentrer me coucher.
Mathieu allait regarder le porno sur Canal +, moi j’allais rentrer, la bouteille vide de whisky et la bouteille à moitié pleine de vin avaient l’air assez cons sur la table. Dehors, on entendait les bruits de la circulation dans la rue, avec les gens qui allaient en boîte, ceux qui revenaient d’une bouffe... Des gens qui conduisaient, qui riaient, qui s’amusaient...
J’allais aller dormir, Mathieu allait se branler, une soirée de Mathieu s’achevait, et le monde continuait de tourner.
En face de la rue, le chien des voisins s’est mit à aboyer.
A propos de fumer, un truc que j’avais appris, c’est qu’il ne fallait s’étonner de rien chez Mathieu. Une fois où je me trouvais chez lui, enfin, chez sa mère, et qu’on était pénard dans le garage à écouter je sais plus quelle musique, je vois Mathieu qui sort un paquet de clopes de pharmacie, vous savez, les clopes infectes pour arrêter de fumer. Et Mathieu en allume une, en me disant qu’il a décidé d’arrêter de fumer. Mathieu, arrêter de fumer… Sur le coup, j’ai pas tiqué, je sais pas pourquoi. C’est en rentrant chez moi que la lumière fut : Mathieu n’a JAMAIS fumé. La moitié d’une clope le rend aussi malade que s’il avait fumé 25 joints d’affilé, et c’est un peu pareil avec l’alcool. Il ne supporte pas, mais comme ça fait mâle, il persévère. En fait, le principal problème de Mathieu n’était pas tant d’arrêter de fumer que de commencer. Et commencer à fumer, c’était un truc qu’il n’arrivait pas à faire.
Enfin bref, sur les coups de 21 heures, j’ai ouvert la bouteille de whisky, parce que je préférais me faire chier avec un verre à la main plutôt que sans, et que Mathieu tournait en rond en se demandant pourquoi ses soirées foiraient quasiment à chaque fois (en tous cas, à chaque fois que je me trouvais là). On a commencé à discuter de tout et de rien, comme lors des autres soirées en fait.
Et c’est quand on a descendu la moitié de la bouteille qu’il m’a annoncé que Chloé ne faisait pas de pipes. Bon, personnellement, je vois pas trop l’intérêt d’une fille si elle ne suce pas. Une fille, c’est déjà chiant, ça parle et ça saigne, mais si en plus ça refuse de pomper le dard...
Un lave linge qui n’essore plus le linge, on le jette pour acheter un truc qui fonctionne vraiment non ? Ben une fille qui suce pas, faut la jeter, et en trouver une qui baise vraiment.
En même temps, c’est vrai que je suis pas vraiment concerné, mais je sais que je suis jamais tombé sur un mec qui ne suçait pas. Au contraire, ça m’est arrivé de tomber sur un mec qui suçait trop (j’avais même été obligé de le stopper dans sa fougue pour lui demandait s’il ne voulait pas que je lui fasse cuire un steak, tant le pauvre garçon avait l’air affamé), mais un mec qui suce pas, jamais.
A suivre
“Chloé ne suce pas !”
“Comment ça ? Tu veux dire qu’elle ne veut pas TE sucer ?”
“Ben non... Elle m’a dit qu’elle l’avait jamais fait, et quelle avait pas l’intention de commencer avec moi...”
Telle était la teneur de notre discussion, affalé sur nos chaises, dans la cuisine de Mathieu. La bouteille de whisky que j’avais amené se trouvait maintenant à moitié vide.
La soirée avait bien commencée. En fait, elle avait commencé comme toutes les soirées de Mathieu: il m’avait appelé sur les coups de 17 heures, m’avait demandé si j’étais libre le soir, j’avais dit ouai, je ne voyais même pas ce que j’aurais pu répondre d’autre, il m’a dit qu’il organisait une soirée chez son père, qu’on serait une dizaine, et que je n’avais qu’à apporter une bouteille de whisky, une bouteille de coca, et une bouteille de vin.
C’est con à dire (et encore plus à écrire), mais cette fois-ci, j’avais l’impression que ce serait différent des autres fois... Pourtant, il n’y avait aucune raison objective pour que ça le soit: une soirée organisée par Mathieu, à laquelle il m’invite et me demande de venir avec quelque boisson. Tout comme d’habitude... Et moi qui croit que les choses peuvent changer comme ça... Sans qu’on ne fasse rien...
Au cours des soirées de Mathieu, j’ai pas appris grand chose, mais il m’est quand même resté une chose: quand un truc se révèle foireux quatre fois de suite, si rien ne change, il n’y a aucune raison pour qu’il soit pas foireux la cinquième. Me demandez pas pourquoi, c’est comme ça. Certainement une de ces conneries de loi universelle ou je sais pas trop quoi.
Toujours est-il que je me suis pointé vers 19h30, comme on avait décidé, les autres devant arriver sur les coups de 20 heures.
Quand je me suis pointé, Chloé venait juste de se barrer, fâchée pour je ne sais quoi. Mathieu était avec elle depuis environ 3 semaines, et, comme d’habitude avec Mathieu, la relation était plutôt tendue. Je ne sais même pas à quoi c’était dû. Mathieu est vraiment un garçon sympa, attachant et tout. En plus, il est assez maladroit, ce qui lui donne quand même un petit côté attachant. Côté défaut, il est un peu mou, et surtout, a été doté par la nature d’énormes narines, posées sur un nez pas si grand que ça...
Tous ceux qui devaient venir ont appelé, pour dire qu’ils ne viendraient pas. En fait, sur les 10 prévus, Chloé venait de se barrer, les 6 qui venaient ensemble avaient un vague problème de voiture (c’est pour dire ça qu’ils ont appelé), et les deux autres ne se sont même pas donné la peine de prévenir, certainement trop occupés à fumer des joints dans une espèce de cabanon sordide et teinté de gauchisme BCBG du côté de chez Gérald, un pote de Mathieu. Ces mecs qui passaient leur temps à fumer en admirant Che Guevarra étaient plus ou moins tous fils de médecin, n’avaient jamais bossé de leur vie (ils étaient étudiants, avec appart payé par papa maman, de l’argent de poche en veux-tu en voilà), et trouvaient révolutionnaire de fumer des joints sous un poster rouge. L’acte le plus révolutionnaire de Gérald restait l’achat quotidien de shit. Des révolutionnaires de mes couilles, dont je me passais plutôt bien.
A suivre…


