Le formidable roman de Hubert Selby Jr commence comme du Bukowski., ce qui n’est déjà pas si mal :
Renseignements pris dans la suite du livre, Harry ne se contentait pas de les enculer ces femmes mariées, il les baisait aussi. Et s’il ne recherche que des femmes mariées, c’est qu’elles sont moins collantes que des célibataires, et surtout ces relations lui procurent une poussée d’adrénaline, ces amours furtives (la liaison n’est suivie avec aucune) étant bien plus incertaines qu’une liaison régulière : le mari peut rentrer plus tôt, la femme qui a donné son adresse peut avoir menti et habiter ailleurs, tout un tas de raisons qui pimentent sa vie. Parce que comme le disait Clemenceau, le meilleur moment en amour, c’est quand on monte l’escalier.
Sinon, Harry vit chez ses parents, c’est plus facile, il a pesé le pour et le contre et s’est rendu à l’évidence : rien ne vaut une maison dans laquelle on n’a rien à faire.
Harry est un beau mec, qui a un boulot très intéressant et bien payé, dans une boîte dans laquelle il peut espérer une progression de carrière aussi rapide qu’intéressante, il s’entend bien avec ses parents et à part des relations sexuelles avec les femmes des autres, il n’a pas de vices. Presque un conte de fée moderne, dans lequel Harry se marierait et aurait beaucoup d’enfants.
Harry va finalement se marier, avec une très belle fille qui travaille dans la même boîte que lui. D’abord parce qu’il aime cette fille, ensuite parce que cela fera avancer sa carrière, qui stagne depuis qu’il arrive en retard au bureau (pour suivre des femmes dans la rue, juste pour le plaisir de les regarder). Il se marie donc, est fidèle au début, infidèle avec dégoût ensuite, puis infidèle dégoûtant enfin. Il a un enfant, mais quelque chose lui manque : les relations sexuelles avec les femmes mariées ne lui apportent plus la même excitation qu’au début. Ca le lasse. Il a besoin d’autre chose qui lui procure cette adrénaline : ce sera le vol, qu’il découvrira par hasard. Il va au restaurant, part sans payer, et découvre que le temps d’aller de la table au dehors procure une exaltation égale à la conquête de femmes mariées. Parce que dans ces vols comme dans les relations sexuelles, la conquête n’est pas une fin en soi.
Dans cette descente aux enfers, Harry ne cherche pas à vivre avec sa part d’ombre, il cherche à la nier. Et lorsqu’il a besoin de quelque chose, un peu à l’image du Patrick Bateman de Américan Psycho (mais là s’arrête la ressemblance, Hubert Selby Jr ayant un style ; clair et net comme un coup de couteau), il le prend, sans se soucier des autres ni des conséquences.
Un peu comme au début d’une montagne russe, le wagon monte lentement, et vous savez que vous ne pourrez pas quitter le manège avant d’avoir fait la descente, Harry se retrouve pris dans un engrenage qu’il ne maîtrise pas. Le conte de fée du début devient un cauchemar qui se fini assez logiquement en fait…
Je mettrai mon cœur dans du papier d'argent,
Oui, avant d’être dans la chanson, Michel Jonasz était boucher-charcutier-traiteur dans l’entreprise familiale. Il a depuis gardé l’habitude de toute mballer dans du papier alu, qu’il nomme joliment « papier d’argent ».
Mon numéro d'appel aux abonnés absents.
Et oui, son numéro d’appel ira rejoindre son neurone…
Mes chansons d'amour resteront là dans mon piano.
Ah ben pour une bonne nouvelle, c’est une bonne nouvelle !
J'aurai jeté la clé du piano dans l'eau.
N’oublie pas de tirer la chasse !
J'irai voir les rois de la brocante.
"Vendez mon cœur trois francs cinquante."
Pour ce prix, son cerveau sera livré en plus.
Tu savais si bien l'écouter
Que ma vie s'est arrêtée
Quand tu m'a quitté.
Je voulais te dire que je t'attends
Et tant pis si je perds mon temps.
Oui ben pendant cette chanson, nous aussi on perd un peu notre temps, et ça c’est un peu plus emmerdant
Je t'attends, je t'attends tout le temps
Sans me décourager pourtant.
Il est peut-être pas découragé, mais il est décourageant !
Comme quelqu'un qui n'a plus personne
S'endort près de son téléphone,
Et sourit quand on le réveille
Mais ce n'était que le soleil.
C’est vrai que les gens qui n’ont plus personne s’endorment près de leur téléphone en souriant quand on les réveille !
L'autre jour, j'ai vu quelqu'un qui te ressemble
Et la rue était comme une photo qui tremble.
C’est terrible l’alcool quand même
Si c'est toi qui passe le jour où je me promène,
Si c'est vraiment toi, je vois déjà la scène.
Et si c’est toi sans être vraiment toi ?
Moi je te regarde
Et tu me regardes.
Nous nous regardons, vous vous regardez, ils se regardent
Je voulais te dire que je t'attends
Et tant pis si je perds mon temps.
Je t'attends, je t'attends tout le temps,
Ce soir, demain, n'importe quand.
Comme quelqu'un qui n'a plus personne
S'endort près de son téléphone
Et qui te cherche à son réveil,
Tout seul au soleil, j'attends.
Je voulais te dire que je t'attends.
Si tu savais comme je t'attends !
Je t'attends, je t'attends tout l'temps.
Quand seras-tu là ? Je t'attends.
Si tu savais comme je t'attends !
Je t'attends, je t'attends tout l'temps.
Je voulais te dire que je t'attends.
Tout au long de cette interminable soupe, le simplet de la chanson prononce 16 fois « je t’attends ». Pour une chanson qui dure 243 secondes (4 minutes 03), cela fait donc une moyenne de un « je t’attends » toutes les 15 secondes. Et après, on me dira que Jonasz n’est pas répétitif.
C’est ce qu’à déclaré Daniel Legrand père devant la commission d’enquête parlementaire réunie pour rechercher on ne sait trop quoi lors de l’enquête puis du procès pour pédophilie d’Outreau. Cette phrase est symptomatique, car elle représente ce qu’un des ex-accusé disait pour expliquer que ses collègues auraient obligatoirement remarqué son absence, s’il s’était absenté pour violer des enfants chez Myriam Badaoui.
Au début, je voulais faire une note sur le juge Burgaud (le juge d’instruction), pour dire tout le bien que je pensais de lui, et surtout, pour ne pas hurler avec les loups, avec ceux qui réclament sa tête alors qu’ils jetaient des cailloux sur les accusés lors du premier procès en criant « A mort ».
Mais le juge Burgaud, j’ai eu beau chercher, ne m’est pas sympathique. Mais alors, vraiment pas. Un jeune homme plein de morgue, qui, dans l’Express, assure avoir « rempli sa mission honnêtement », et surtout, comble du délire chez ce justicier, il ressent « le sentiment d’une profonde injustice ». Alors ducon, laisse-moi juste te dire une chose : lorsque Daniel Legrand fils a inventé un meurtre pour démontrer l’absurdité du système, meurtre absurdement corroboré par Myriam Badaoui, et qu’il a dû passer 10 mois en cellule d’isolement pour être protéger des autres détenus, tu crois pas qu’il a ressenti une profonde injustice ?
Et lorsque tu lui as dit, juste avant qu’il ne soit ramené dans sa cellule, à la fin d’un interrogatoire : « pour vous, ce sera 4 ans d’enquête, et 20 ans de prisons », tu crois pas qu’il a ressenti un sentiment d’injustice ?
Et lorsque tu dis que tu refuses d’endosser seul la responsabilité de ce fiasco, on reconnaît là l’argument des sans couilles et des lâches. Parce que tu n’étais pas seul, tu t’es pris pour dieu le père. Daniel Legrand étaient seuls, eux.
Devant cette commission parlementaire, on a pu voir la misère. La sœur de François Mourmand, mort en prison (alors qu’il était innocent) a péniblement lu sa déclaration sur papier, butant notamment sur « illettré ». Daniel Legrand père, un type qui a du mal à s’exprimer devant ces messieurs si bien mis de la commission d’enquête, semblait terrorisé. Daniel Legrand fils, qui parle comme la marionnette de Joey Starr aux guignols, a parlé vrai, avec son épouvantable accent du nord. Toutes ces petites gens n’étaient rien devant Le Juge Burgaud, qui avait fait des études, qui parlait un français parfait, qui était au dessus de ces gens.
Ce pauvre juge Burgaud, qui a pris pour argent content tout ce que lui disait Myriam Badaoui… Elle avait la laideur des pauvres. Elle n’en pouvait plus de culpabilité après le viol de ses enfants, et aurait tout donné pour se racheter. Alors elle a soutenu leurs folles accusations. Envers et contre tout. Et le juge a suivi, trop heureux de montrer son talent dès ses débuts. Quitte à tout écraser sur son passage, et surtout des vies.
Madame Legrand (la femme du père et la mère du fils donc) s’est retrouvée avec un mari et un fils en taule. Elle a dû aller demander le RMI et bouffer aux restos du cœur. Elle a appris à connaître les 5 et 6 du mois, là où il y a la queue à la Poste parce que les allocs viennent de tomber. Elle a appris l’humiliation d’aller s’inscrire aux restos du cœurs. Elle a connu la souffrance de la solitude, alors que son mari et son fils étaient en taule pour viols sur des enfants.
Et pendant qu’elle allait bouffer ses rations de la CE obtenues aux restos du cœur, en pensant à son mari et à son fils en taule, le juge Burgaud continuait sa folle inquisition, en dépit du bon sens, sûr de sa supériorité bien au chaud dans son bureau.
La Bolivie est un joli pays avec un nouveau président qui a l’air tout sympa, un anti-américain qui réveille en nous les fibres anti-américanistes les plus primaires, un type qui a des idéaux, qui veut libérer son peuple de l’emprise d’autres nations, bref, un type qu’on aime bien bien aimer, un chef. Mais derrière Evo Morales le type qui fait sympa, il y a quand même pas mal de questions, dont son amitié avec Fidel Castro n’est pas la moindre.
La Bolivie est en fait double : à l’ouest les montagnes et les hauts plateaux (là où t’es richissime quand tu gagnes plus de 3 $ par jour) et à l’est les grandes plaines.
D’abord, la Bolivie est un pays extrêmement pauvre. 64 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, et plus de 35 % dans une extrême pauvreté. La grande majorité (plus de 60 %) des habitants des campagnes n’ont pas accès à l’eau potable, et ils sont environ 25 % dans les villes.
Dans les plateaux, beaucoup de mines (notamment d’argent et d’étain). Et le travail n’y est pas vraiment doux. Quinze heures par jour au fond d’une mine, il faut être résistant. Ou avoir quelque chose pour tenir. Et c’est là qu’intervient Evo Morales.
Evo Morales veut encourager la production de coca, qui sert de matière première à la cocaïne, mais surtout de drogue ancestrale pour un grand nombre de boliviens. La feuille de coca se mâche ou s’infuse, et ses effets sont autant appréciables que terribles : Meilleure résistance à l’effort puisque la sensation de fatigue est très largement atténuée, atténuation de la sensation de soif et de la faim. Parfait donc pour les mineurs qui bossent 15 heures par jour pour pas grand-chose. On leur donne des feuilles de coca à mâcher et ils sont plus résistants, ils peuvent faire leurs 15 heures sans trop de problèmes.
Quand on veut libérer un peuple, on le drogue ou on lui ôte ses chaînes. Si le programme d’Evo Morales est d’uniquement encourager la culture de coca sans se soucier des conditions de travail des boliviens, le quasi-esclavage des mineurs n’est pas prêt de s’arrêter. Et les travailleurs seront contents de leurs sorts, comme les esclaves décrits par Aldous Huxley dans « le meilleur des mondes » lorsqu’on les shoote à coup de soma.
En Bolivie, il y a un autre problème. En fait, le problème ne se passe pas seulement en Bolivie.
Lorsqu’on fait ses courses, on voit souvent des containers dans lesquels ont peut déposer les vêtements dont on ne se sert plus, ces vêtements étant envoyés dans des pays pauvres, qui peuvent bénéficier de vêtements en excellent état (les dons sont triés en France) pour un prix modique. Par exemple, en Bolivie, un pauvre hère peut acheter un pull pour 0,20 $, dans une petite boutique. A 50 mètres de là, une femme a tricoté un pull, avec de la laine qu’elle a acheté. Son pull, elle ne peut le vendre moins de 1 $. Donc, les gens préfèrent acheter le pull à 0,20 $ qui continue à maintenir le pays dans la pauvreté plutôt que le pull à 1 $ qui permettrait, au moins symboliquement dans un premier temps, à une femme de vivre de son travail.
C’est le principal problème de ces appels à la générosité : si personne ne réfléchit aux éventuels inconvénients, on continue à maintenir des pays dans la misère pour mieux refourguer nos merdes.
C’est avec un émerveillement non feint que j’ai découvert le dernier jeu à la con de M6 : Pékin express.
Le jeu : 10 équipes de deux candidats doivent rallier Pékin, ne disposant que d’un euro par jour et par personne pour se nourrir. Les équipes sont formées de couples à la vie, de frères, de copines, et d’amis. Dans la présentation du jeu, ils disent que les candidats partent de la tour Eiffel, mais y’a un truc que j’ai pas compris, c’est qu’on les voit rallier Saint Petersbourg au cours de leur premier jour… Enfin bon, passons là-dessus pour détailler les candidats.
D’abord, parce qu’il s’agit d’un jeu de M6 et qu’il y a des quotas à respecter, deux amis venus « tester leur amitié ». Alors je sais pas vous, mais moi, quand je vois un type à côté de qui Michel Serrault dans la cage aux folles a la sobriété d’une veuve sicilienne, et que ce type vient « tester son amitié », le doute m’habite. D’autant qu’à un moment, il dit de son co-équipier (celui avec qui il veut tester son amitié donc) : « avec ce qu’il a fait aujourd’hui, ça nous a soudé ». C’est lacanien comme phrase non ? J’ai cru qu’à ce moment là, l’autre allait se mettre à chanter : « si tu avances quand je recule » etc…
En plus, ces deux-là sont arrivés à Saint Petersbourg à 10h55, alors que les premiers étaient arrivés à 8h. Et quand ils ont su ça, ils se sont exclamés : « oh les pédés ». Et c’est vrai qu’en matière de pédés, ces deux étaient les mieux placés pour parler.
Après les pédés donc, les enculés. Deux frères corses, connards jusqu’au bout des doigts. Alors ceux-là, ils ont réussi à se faire prendre en stop dans un bus vide (apparemment, un truc neuf qui allait être acheminé) et ils ont doublé des concurrents qui attendaient qu’un véhicule veuille bien les prendre. Le chauffeur ralentit, et l’un des corses lui tapote le bras en lui disant de continuer, de pas s’arrêter.
Toujours dans les quotas, deux arabes (oui je sais, on dit maghrébins). Mais propres sur eux voyez, pas le genre à aller brûler des voitures. Propres sur eux, avec une tchatche incroyable (en même temps ces gens-là vous savez, ils parlent facilement). Ils se sont d’ailleurs liés d’amitiés avec des hommes qui leur ont fait boire un quantité industrielle de vodka, avant de les inviter à monter dans leur voiture, dont le coffre était rempli de fusils à pompe (et là, on se dit que c’est les deux « amis » qui auraient été content).
Un jeu à la con, puisque ces candidats sont filmés. Et qu’il faut au moins une personne pour les filmer. Chaque équipe est donc composée de minimum trois personnes (+ éventuellement le preneur de son). Et on imagine mal que les candidats doivent réellement se débrouiller (vous imaginez, s’il y en a un qui meurt, ça fait con) par eux-même, tout du bidonné donc.
Bidonné sauf la misère des gens qui les accueillent parfois, et qui n’ont pas grand-chose (et quelquefois, même pas l’eau courante). Mais les pauvres russes, après avoir avalé et fait avaler une demi-douzaine de vodka versée dans des verres à sirop à leurs invités, sont très hospitaliers. Surtout s’ils n’ont rien, et qu’ils se privent en servant la viande du mois à deux cons qui participent à un jeu stupide. Les deux qui arrivent premiers à chaque étape gagnent 3.000 euros. On espère qu’ils notent les adresses des gens qui les ont hébergés quelque part.
