10 ans après sa mort, la folie Mitterrand continue. De multiples livres sortent sur lui, sa fille cachée écrit aussi, est le personnage principal d’un documentaire diffusé par la télévision publique vendredi soir. Celui qui a contribué à faire de la fonction présidentielle un ersatz de monarchie constitutionnelle passionne la France d’en haut, mais aussi celle d’en bas. Un type qui avait placé sur écoute de manière illégale des dizaines de citoyens, qui n’avait jamais renié son passé vichyste, qui avait fait entretenir sa seconde famille aux frais de la République (mais bon, d’un autre côté, quand on voit que sa famille officielle, c’était Danielle Mitterrand la castriste, Jean-Christophe l’escroc…), un type dont un nombre impressionnant d’amis se sont suicidés sur la fin de son règne, mais surtout, un type qui est mort depuis 10 ans… Pendant ce temps dans le monde, il y a une famine dans le nord du Kenya, plus de 400 morts en Indonésie après un glissement de terrain, des journées meurtrières se vivent en Iraq. Et en France ? on parle de Mitterrand. Celui qui avait élevé la flagornerie et l’hagiographie au rang de passage obligé pour faire partie de sa cour fascine.
Bertrand Delanoë, jamais à une connerie près, trouve que faire entrer Mitterrand au Panthéon était une « bonne idée », avant de tempérer « mais il faut toujours du temps pour qu'un grand homme, avec ses points forts et ses points faibles, prenne sa place totalement dans l'histoire ». Mitterrand au panthéon des grands hommes. Le Panthéon, c’est là où sont notamment Voltaire, Rousseau, Jean Jaurès, Pierre et Marie Curie, Jean Moulin. Et on voudrait foutre Mitterrand.
A Waterloo, Napoléon attendait Grouchy, et ce fut Blücher qui arriva. Au Panthéon, Jean Moulin attendait de Gaulle, et ce fut Mitterrand qui surgit.
