WWW.CESTLEMIEN.OVER-BLOG.COM

JE M'EMPRESSE DE RIRE DE TOUT DE PEUR D'ETRE OBLIGE D'EN PLEURER

 

Mercredi 18 janvier 2006

La Bolivie est un joli pays avec un nouveau président qui a l’air tout sympa, un anti-américain qui réveille en nous les fibres anti-américanistes les plus primaires, un type qui a des idéaux, qui veut libérer son peuple de l’emprise d’autres nations, bref, un type qu’on aime bien bien aimer, un chef. Mais derrière Evo Morales le type qui fait sympa, il y a quand même pas mal de questions, dont son amitié avec Fidel Castro n’est pas la moindre.

 

La Bolivie est en fait double : à l’ouest les montagnes et les hauts plateaux (là où t’es richissime quand tu gagnes plus de 3 $ par jour) et à l’est les grandes plaines.

D’abord, la Bolivie est un pays extrêmement pauvre. 64 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, et plus de 35 % dans une extrême pauvreté. La grande majorité (plus de 60 %) des habitants des campagnes n’ont pas accès à l’eau potable, et ils sont environ 25 % dans les villes.

 

Dans les plateaux, beaucoup de mines (notamment d’argent et d’étain). Et le travail n’y est pas vraiment doux. Quinze heures par jour au fond d’une mine, il faut être résistant. Ou avoir quelque chose pour tenir. Et c’est là qu’intervient Evo Morales.

Evo Morales veut encourager la production de coca, qui sert de matière première à la cocaïne, mais surtout de drogue ancestrale pour un grand nombre de boliviens. La feuille de coca se mâche ou s’infuse, et ses effets sont autant appréciables que terribles : Meilleure résistance à l’effort puisque la sensation de fatigue est très largement atténuée, atténuation de la sensation de soif et de la faim. Parfait donc pour les mineurs qui bossent 15 heures par jour pour pas grand-chose. On leur donne des feuilles de coca à mâcher et ils sont plus résistants, ils peuvent faire leurs 15 heures sans trop de problèmes.

Quand on veut libérer un peuple, on le drogue ou on lui ôte ses chaînes. Si le programme d’Evo Morales est d’uniquement encourager la culture de coca sans se soucier des conditions de travail des boliviens, le quasi-esclavage des mineurs n’est pas prêt de s’arrêter. Et les travailleurs seront contents de leurs sorts, comme les esclaves décrits par Aldous Huxley dans « le meilleur des mondes » lorsqu’on les shoote à coup de soma.

 

En Bolivie, il y a un autre problème. En fait, le problème ne se passe pas seulement en Bolivie.

Lorsqu’on fait ses courses, on voit souvent des containers dans lesquels ont peut déposer les vêtements dont on ne se sert plus, ces vêtements étant envoyés dans des pays  pauvres, qui peuvent bénéficier de vêtements en excellent état (les dons sont triés en France) pour un prix modique. Par exemple, en Bolivie, un pauvre hère peut acheter un pull pour 0,20 $, dans une petite boutique. A 50 mètres de là, une femme a tricoté un pull, avec de la laine qu’elle a acheté. Son pull, elle ne peut le vendre moins de 1 $. Donc, les gens préfèrent acheter le pull à 0,20 $ qui continue à maintenir le pays dans la pauvreté plutôt que le pull à 1 $ qui permettrait, au moins symboliquement dans un premier temps, à une femme de vivre de son travail.

 

C’est le principal problème de ces appels à la générosité : si personne ne réfléchit aux éventuels inconvénients, on continue à maintenir des pays dans la misère pour mieux refourguer nos merdes.

 

Matthieu

 

Newsletter

Inscription à la newsletter

W3C

  • Flux RSS des articles
 
 
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus