C’est ce qu’à déclaré Daniel Legrand père devant la commission d’enquête parlementaire réunie pour rechercher on ne sait trop quoi lors de l’enquête puis du procès pour pédophilie d’Outreau. Cette phrase est symptomatique, car elle représente ce qu’un des ex-accusé disait pour expliquer que ses collègues auraient obligatoirement remarqué son absence, s’il s’était absenté pour violer des enfants chez Myriam Badaoui.
Au début, je voulais faire une note sur le juge Burgaud (le juge d’instruction), pour dire tout le bien que je pensais de lui, et surtout, pour ne pas hurler avec les loups, avec ceux qui réclament sa tête alors qu’ils jetaient des cailloux sur les accusés lors du premier procès en criant « A mort ».
Mais le juge Burgaud, j’ai eu beau chercher, ne m’est pas sympathique. Mais alors, vraiment pas. Un jeune homme plein de morgue, qui, dans l’Express, assure avoir « rempli sa mission honnêtement », et surtout, comble du délire chez ce justicier, il ressent « le sentiment d’une profonde injustice ». Alors ducon, laisse-moi juste te dire une chose : lorsque Daniel Legrand fils a inventé un meurtre pour démontrer l’absurdité du système, meurtre absurdement corroboré par Myriam Badaoui, et qu’il a dû passer 10 mois en cellule d’isolement pour être protéger des autres détenus, tu crois pas qu’il a ressenti une profonde injustice ?
Et lorsque tu lui as dit, juste avant qu’il ne soit ramené dans sa cellule, à la fin d’un interrogatoire : « pour vous, ce sera 4 ans d’enquête, et 20 ans de prisons », tu crois pas qu’il a ressenti un sentiment d’injustice ?
Et lorsque tu dis que tu refuses d’endosser seul la responsabilité de ce fiasco, on reconnaît là l’argument des sans couilles et des lâches. Parce que tu n’étais pas seul, tu t’es pris pour dieu le père. Daniel Legrand étaient seuls, eux.
Devant cette commission parlementaire, on a pu voir la misère. La sœur de François Mourmand, mort en prison (alors qu’il était innocent) a péniblement lu sa déclaration sur papier, butant notamment sur « illettré ». Daniel Legrand père, un type qui a du mal à s’exprimer devant ces messieurs si bien mis de la commission d’enquête, semblait terrorisé. Daniel Legrand fils, qui parle comme la marionnette de Joey Starr aux guignols, a parlé vrai, avec son épouvantable accent du nord. Toutes ces petites gens n’étaient rien devant Le Juge Burgaud, qui avait fait des études, qui parlait un français parfait, qui était au dessus de ces gens.
Ce pauvre juge Burgaud, qui a pris pour argent content tout ce que lui disait Myriam Badaoui… Elle avait la laideur des pauvres. Elle n’en pouvait plus de culpabilité après le viol de ses enfants, et aurait tout donné pour se racheter. Alors elle a soutenu leurs folles accusations. Envers et contre tout. Et le juge a suivi, trop heureux de montrer son talent dès ses débuts. Quitte à tout écraser sur son passage, et surtout des vies.
Madame Legrand (la femme du père et la mère du fils donc) s’est retrouvée avec un mari et un fils en taule. Elle a dû aller demander le RMI et bouffer aux restos du cœur. Elle a appris à connaître les 5 et 6 du mois, là où il y a la queue à la Poste parce que les allocs viennent de tomber. Elle a appris l’humiliation d’aller s’inscrire aux restos du cœurs. Elle a connu la souffrance de la solitude, alors que son mari et son fils étaient en taule pour viols sur des enfants.
Et pendant qu’elle allait bouffer ses rations de la CE obtenues aux restos du cœur, en pensant à son mari et à son fils en taule, le juge Burgaud continuait sa folle inquisition, en dépit du bon sens, sûr de sa supériorité bien au chaud dans son bureau.
