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JE M'EMPRESSE DE RIRE DE TOUT DE PEUR D'ETRE OBLIGE D'EN PLEURER

 

Mercredi 1 décembre 2004
Salut tout le monde !

Aujourd’hui, j’ai pleins de choses à vous raconter, que j’en sais même pas par où commencer.

 

Bon, alors, le grand (mon fils, celui qui sort avec Sandy-les-gros-tétés), il a trouvé un boulot ! Bon, c’est pas génial, mais ça lui fera un peu de ronds, parce que Sylvette elle commence à gueuler qu’il fout son bordel partout alors que c’est elle qui se crève le cul à sa caisse à U. Bon, Sylvette, quand elle gueule, elle gueule hein ! Même qu’une fois, Jean-Jean lui a fait : « Ben si tu gueulais comme ça au lit, c’est Roger qui serait content ! »

Il est con Jean-Jean !

Donc, le grand a trouvé du travail, chez un grand couturier. Enfin, un couturier quoi. C’est Manoukian, j’sais pas si vous connaissez, il font des chaussures aussi. Donc, il doit compter les vetem vem affaires qui rentrent : par exemple, ils reçoivent 15.000 t-shirts, et ben le grand doit les compter. Bon, il fait ça pour les sous, parce que il veut vivre avec Sandy-les-gros-tétés, et que elle elle est fégnante comme une couleuvre. Comme dit Sylvette : cette fille, c’est gros cul bel œil. Je crois qu’elle l’aime pas trop Sylvette.

 

Par contre, Geoffrey, le gosse, le frère à Juju, il a pas de copine. Bon, il a 14 ans, mais comme j’y dit : on est jamais trop jeune pour les filles hein ! Ben le gosse il a rien répondu. Il doit être un peu timide. Je sais pas. Faudra que j’en parle à Jean-Jean, voir ce qu’il en pense. Mais dès que j’y parle des filles, le gosse il fait comme si il voulait pas entendre, ou pas comprendre. Il est pourtant pas con ce gosse ! C’est mon fils !

 

Marie-France, notre bichon, va pas trop bien. J’ai été obligé de l’emmener au véto la pauvre, parce qu’elle pleure tout le temps. Pourtant, avec tout l’amour qu’on y donne à cette bête, c’est à se demander ce qu’elle a. Ben il a rien trouvé le véto, et ça m’a coûté 20 euros cette connerie, parce qu’il a quand même donné un vermifuge. J’espère qu’elle ira bien c’te bête, parce que qu’est-ce qu’on l’aime avec Sylvette, c’est un peu la fille qu’on a jamais eu comme disait la mère à Sylvette.

 

Sinon, j’ai besoin d’idées pour la noël à Sylvette : je sais pas trop quoi y acheter. Pour les gosses, c’est tout trouvé : Juju, ça sera deux ou trois cd de la star’ac (moi, j’aime bien), le gosse, j’y achèterai un jeu pour la play, mais Sylvette, j’vois pas. Au début, j’voulais y faire une blague, en y commandant un godemi godemmo gode énorme pour rire (et y acheter un vrai cadeau aussi), mais quand j’ai vu les prix de ces conneries, j’me suis dit : ben pour ce prix là, on peut avoir autre chose. Alors j’ai pensé à aller voir Michel Sardou avec elle (ben ouai, on adore Sardou tous les deux), mais y’avait plus de place. Alors, si vous avez des idées, et des vrais hein (pas des conneries, stp yale yaz machine qui se reconnaitra).

 

Roger

Mardi 30 novembre 2004

Bon, alors, puisqu’on commence à se connaître, faut que je vous raconte quand même : j’ai été croque-mort. Enfin, ‘auxiliaire convoyeur de corps’. Oui, ça fait plus classe.

Mais la classe, quand on est croque-mort dans l’entreprise la moins chère de la région, y’a intérêt à vite oublier.

Pour vous faciliter la vie, je vais démonter quelques idées reçues :

 

1- Enterrement pluvieux, enterrement heureux : FAUX. Parce que vous aurez un parapluie, mais que les gouttes d’eau dégoulineront sur les croque-morts comme les conneries dans un livre de Bernard Werber. Et qu’ils seront trempés, ce qui sera d’autant plus désagréable si le plus jeune a mis du gel qui lui dégoulinera le long du visage, et il aura les traits figés comme Sheila après son lifting.

 

2- Tous les cercueils se valent : FAUX. Si vous avez les moyens, ne prenez pas le cercueil le moins cher (celui qu’on dirait fabriqué chez ikéa). En effet, il serait dommage qu’arrivé au cimetière, le croque-mort qui avait du gel sur le visage quand il pleuvait se retrouve avec une poignée dans la main, alors que le cercueil restera à terre, maintenu seulement par les 3 autres croque-morts, dont les poignées n’auront pas décidé de se désolidariser de la boîboîte.

 

3- Tous les croque-morts se valent : ENCORE FAUX. Assurez-vous que le maître de cérémonie (celui qui parle à la famille) soit sobre. Sinon, vous risquez de vous retrouver avec un type effondré en sanglot dans le corbillard, parce que l’alcool lui aura fait prendre conscience du fait qu’il n’a aucune envie de porter le cercueil dans le cimetière.

 

4- La musique est importante pour l’ambiance : VRAI. Il serait dommage de gâcher l’ambiance triste et recueilli en passant, en pleine église, ‘je suis malade’ (ou pire, une chanson de Pascal Obispo). Si vous voulez de la musique, n’hésitez pas à choisir un ave maria, classique mais toujours du plus bel effet. Si vous avez vraiment mauvais goût, vous pourrez opter pour Céline Dion hurlant la chanson de Titanic. Vous pourrez, si jamais il y a beaucoup de monde et que l’église est pleine, choisir ‘puisque tu pars’ de Goldman, chanson qui n’a pourtant de sens que dans le cadre d’une incinération (que les vents te mènent / où d’autres âmes plus belles…)

 

5- Une certaine retenue est nécessaire au cimetière : VRAI. Si jamais vous êtes la petite-fille du défunt et que vous détestez sa nouvelle femme, inutile de le lui hurler au cimetière, ou de jouer à Zidane avec ses fleurs. Ca la fout mal vis-à-vis des autres.

 

6- Le prêtre est compatit à votre peine : FAUX. Le prêtre est là parce que c’est son boulot. Il se contentera de lire sa revue, dans laquelle le prénom du défunt est laissé en blanc, pour permettre au prêtre de marquer au crayon papier le prénom de votre défunt, prénom qui sera effacé dès le prochain. (‘Les mots nous manquent, seigneur, nous sommes dans l’épreuve. Accepte notre silence comme une prière, pour ……………. que tu connais et que tu aimes’).

 

7- Les croque-morts sont des gens sympathiques qui compatissent : FAUX. Ils n’en ont rien à foutre. Le but est de ramasser le plus gros pourboire possible. Vous pourrez vous dispenser d’un pourboire si jamais le maître de cérémonie vous déclare ‘ah ben ouai vous avez de la chance aujourd’hui, parce que hier il pleuvait comme vache qui pisse’.

 

Si vous suivez ces quelques conseils, vos amis devraient se rappeler de l’enterrement de votre proche comme d’un moment inoubliable, une fête dont vous aurez été le parfait artisan.

 

Matthieu

Lundi 29 novembre 2004
Bon, une petite mise au point. Lorsque j'écris une note, elle est bonne, elle est mauvaise, elle est hilarante ou pathétiquement ridicule. Mais c'est une note que j'ai tapée moi-même avec mes doigts-doigts.

Chacun est libre de venir dire: “Matthieu, t'es génial“ ou « Cette note est nulle, insensée, parce que bla bla bla ». Mais juste si c'est argumenté, si c'est pas pour le plaisir de dire “tu fais rien que te moquer des gens, j'ai de la peine pour toi“ (tiens, Albertine, si tu nous regarde...)

Samedi, je parlais des différents types de blogs. Et certains me demandaient des noms. Et ben je vais vous donner un nom, qui appartient à une catégorie que j'ai oublié hier: lescrisvains. Et la catégorie est: le blog chiant et politiquement correct.

Samedi, il postait la réponse suivante:

Trop marrant !!

Pour une note un peu plus nuancée sur les blogs :

http://www.u-blog.net/lescrisvains/2004/11/13

Un coucou est un oiseau qui prend le nid des autres pour y installer ses propres oeufs. Lescrisvains prend les blogs des autres pour y faire sa publicité. D'autant que la note en question, elle ne me semble pas terrible mais bon, chacun est libre hein. En plus, commencer par une flatterie pour annoncer sa pub, mais c'est d'une bassesse...

Donc, notre parasite du blog a fait une note sur les blogs, dans laquelle il dit: « D'ailleurs d'aucuns trouveront que mon blog est chiant à mourir, ça parle de politique, ça critique TF1 (c'est quasiment blasphématoire de critiquer le dieu Télé) »

Bon, alors mon petit, welcome to the world: ton blog est tout ce qu'il y a de politiquement correct et d'aseptisé.

Sache qu'il est de bon ton de critiquer TF1, on le fait tous, mais on ne se prend pas pour des révolutionnaires. Regarde autour de toi: tout le monde critique TF1 (même ce pauvre Guy Carlier, pourtant salarié d'endemol chez Fogiel), mais personne ne se trouve génial de faire ça. Il est de bon ton de crier “je nage à contre courant, regardez-moi“, encore faut-il avoir l'idée de ce qu'est le contre-courant.

Sinon, sa note plus nuancé sur les blogs, c'est une note dans laquelle il énumère 7 types de blogs, en disant, à la fin: Mais en un mot de la liberté, et je suis ravi de voir toutes les manières différentes de l'exprimer, quoi que les autres puissent penser de nous. (Et quoi que je puisse en penser...)

Continuez !

Oui, sur ce blog révolutionnaire qui ose critiquer TF1, vous avez bien lu: vous avez le droit de vous exprimer à l'intérieur d'un blog! tout le monde est donc autorisé à dire ce qu'il veut! Il est sympa ce type hein ! Un peu plus, on se croirait en démocratie !

Notre ami le bloggeur chiant et politiquement correct se trouve génial et rebelle. Il n'est qu moralisateur aux idées conventionnelles. Personnellement, je m'en moque. Mais qu'il vienne sur mon blog se faire de la pub, ça me tue. Quand je pense qu'il y a des blogs comme celui d'Elisabeth, un blog génial et interactif, drôle et intéressant, ou celui de yael, plein d'humour et de tendresse, et que les gens qui alimentent ces blogs ne vont jamais se faire une pub aussi lourde... Il y a aussi Tarvalanion, qui touche souvent juste, ou Palimpseste, dont la note sur les blogs est la plus drôle que j'ai lu, ScriptaManent qui me fait mourir de rire, et pleins d'autres...

Toutes ces personnes qui ne viendraient pas racoler comme des tapineuses de bas étage (sauf palimpseste, mais on lui pardonne d'autant plus facilement que sa note, elle, est *vraiment* géniale).

Je vous conseille donc de ne pas aller sur le blog suivant: blog qui me casse les couilles avec sa pub à deux balles.

 

Matthieu

par Matthieu C. publié dans : critiquons
Dimanche 28 novembre 2004

Aujourd’hui, premier dimanche de l’avent. Avant quoi ? Avant noël. Oui, les curés ont trouvé que ça suffisait pas noël, et qu’il fallait donc faire un truc pour ramener le fric ; d’où l’avent.

L’église, c’est le Auchan des cons ; ben oui, chez Auchan aussi ils préparent noël longtemps à l’avance ; la différence c’est qu’à Auchan, ils ne se cachent pas de vouloir ramasser de l’argent avec noël.

Bon, comme c’est le premier dimanche de l’avent, on va commencer mollo. Cette semaine : Le noël du Marin.

La Marin a une cinquantaine d’années. Ou un quarantaine. A moins qu’il n’ait 60 ans. De toute façon, ça fait un bail que tout le monde s’en fout de l’âge du capitaine. De même que de son nom. Il est devenu « le Marin » peu après sa descente dans la rue, devenue son monde depuis maintenant près de 15 ans. Le Marin traîne depuis 15 ans cette casquette achetée 3,50 francs à Emmaüs et qui lui a valu son surnom.

 

Un jour, peut-être l’année dernière, peut-être l’année d’avant, il faisait la manche du côté de Monoprix, sur les boulevards. Un petit garçon lui avait demandé : « Qu’est-ce que tu fais ici ? T’as pas froid ? ». Sa mère l’avait brutalement tiré par le bras, lançant un sourire contrit vers le Marin, qui aurait préféré un euro ou deux. Ce gosse l’avait plongé dans une rêverie, dans laquelle il se revoyait, gamin, avec ses parents, préparant un splendide noël, comme d’habitude. Une époque où il y avait des cadeaux, de la nourriture à profusion et du feu dans la cheminée. Une époque où… il se mordit la joue jusqu’au sang pour ne plus rêver. Il ne voulait pas être hanté par les souvenirs des jours heureux.

Noël, cette année, il le passera comme toutes les années, à l’armée du salut. En fait, il passera le réveillon et le jour de noël à l’armée du salut. Comme toutes les années depuis… depuis qu’il avait rencontré Gilbert, qui l’avait tuyauté. Et il continuait maintenant à y aller, seul depuis la mort de Gilbert.

Pour le nouvel an, le programme était différent : une année, il allait au réveillon du secours catholique, l’année d’après, à celui du secours populaire. Pour pas faire de jaloux comme il le disait.

 

Ces réveillons, il les haïssait comme il haïssait le froid. Devoir s’attabler avec ses compagnons d’infortune (qui, pour lui, étaient tout sauf des compagnons) et des dames patronnesses déguisées en pauvres (ben oui, elles faisaient un effort, elles mettaient de vieux tailleurs limites portables), qui s’efforçaient d’établir et de préserver un semblant d’ambiance artificielle, autour d’un repas préparé avec soin, mais que le Marin n’était pas en mesure d’apprécier (il bouffait des saloperies bon marché toute l’année et fumait autant que ses finances le lui permettaient, alors le goût du civet de biche…), c’était encore pire que pas de réveillon du tout.

Il préférait le réveillon de l’armée du salut ; au moins, ils avaient tous la même tenue et ne faisaient semblant de rien. Bon, ils étaient un peu chiants avec leurs bondieuseries après le repas, mais sinon, ça allait. Enfin, ça allait, c’était quand même un jour de merde, parce que le lendemain de noël, c’était de nouveau la rue, mais… mais il le faisait en mémoire de Gilbert, qui était quand même un chouette type.

Mais retrouver les même lieux, les mêmes dames patronnesses (ou les mêmes gradés) autour des mêmes assiettes et des mêmes verres en plastique (remplis de jus de fruits à l’armée du salut, tu parles d’une fête), ça le rendait triste.

Parce que l’année d’après, ce serait encore la même chose. Et toutes les années d’après aussi, jusqu’à ce qu’il rejoigne Gilbert.

Parce que pour le Marin, le miracle de noël n’existe pas, et n’existera jamais.

 

Matthieu

Dimanche 28 novembre 2004

 

Naboléon 1er sur le trône impérial (oeuvre moderne, d'après Ingres)

par Matthieu C. publié dans : critiquons
 

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