Aujourdhui, jai pleins de choses à vous raconter, que jen sais même pas par où commencer.
Bon, alors, le grand (mon fils, celui qui sort avec Sandy-les-gros-tétés), il a trouvé un boulot ! Bon, cest pas génial, mais ça lui fera un peu de ronds, parce que Sylvette elle commence à gueuler quil fout son bordel partout alors que cest elle qui se crève le cul à sa caisse à U. Bon, Sylvette, quand elle gueule, elle gueule hein ! Même quune fois, Jean-Jean lui a fait : « Ben si tu gueulais comme ça au lit, cest Roger qui serait content ! »
Il est con Jean-Jean !
Donc, le grand a trouvé du travail, chez un grand couturier. Enfin, un couturier quoi. Cest Manoukian, jsais pas si vous connaissez, il font des chaussures aussi. Donc, il doit compter les vetem vem affaires qui rentrent : par exemple, ils reçoivent 15.000 t-shirts, et ben le grand doit les compter. Bon, il fait ça pour les sous, parce que il veut vivre avec Sandy-les-gros-tétés, et que elle elle est fégnante comme une couleuvre. Comme dit Sylvette : cette fille, cest gros cul bel il. Je crois quelle laime pas trop Sylvette.
Par contre, Geoffrey, le gosse, le frère à Juju, il a pas de copine. Bon, il a 14 ans, mais comme jy dit : on est jamais trop jeune pour les filles hein ! Ben le gosse il a rien répondu. Il doit être un peu timide. Je sais pas. Faudra que jen parle à Jean-Jean, voir ce quil en pense. Mais dès que jy parle des filles, le gosse il fait comme si il voulait pas entendre, ou pas comprendre. Il est pourtant pas con ce gosse ! Cest mon fils !
Marie-France, notre bichon, va pas trop bien. Jai été obligé de lemmener au véto la pauvre, parce quelle pleure tout le temps. Pourtant, avec tout lamour quon y donne à cette bête, cest à se demander ce quelle a. Ben il a rien trouvé le véto, et ça ma coûté 20 euros cette connerie, parce quil a quand même donné un vermifuge. Jespère quelle ira bien cte bête, parce que quest-ce quon laime avec Sylvette, cest un peu la fille quon a jamais eu comme disait la mère à Sylvette.
Sinon, jai besoin didées pour la noël à Sylvette : je sais pas trop quoi y acheter. Pour les gosses, cest tout trouvé : Juju, ça sera deux ou trois cd de la starac (moi, jaime bien), le gosse, jy achèterai un jeu pour la play, mais Sylvette, jvois pas. Au début, jvoulais y faire une blague, en y commandant un godemi godemmo gode énorme pour rire (et y acheter un vrai cadeau aussi), mais quand jai vu les prix de ces conneries, jme suis dit : ben pour ce prix là, on peut avoir autre chose. Alors jai pensé à aller voir Michel Sardou avec elle (ben ouai, on adore Sardou tous les deux), mais yavait plus de place. Alors, si vous avez des idées, et des vrais hein (pas des conneries, stp yale yaz machine qui se reconnaitra).
Roger
Bon, alors, puisquon commence à se connaître, faut que je vous raconte quand même : jai été croque-mort. Enfin, auxiliaire convoyeur de corps. Oui, ça fait plus classe.
Mais la classe, quand on est croque-mort dans lentreprise la moins chère de la région, ya intérêt à vite oublier.
Pour vous faciliter la vie, je vais démonter quelques idées reçues :
1- Enterrement pluvieux, enterrement heureux : FAUX. Parce que vous aurez un parapluie, mais que les gouttes deau dégoulineront sur les croque-morts comme les conneries dans un livre de Bernard Werber. Et quils seront trempés, ce qui sera dautant plus désagréable si le plus jeune a mis du gel qui lui dégoulinera le long du visage, et il aura les traits figés comme Sheila après son lifting.
2- Tous les cercueils se valent : FAUX. Si vous avez les moyens, ne prenez pas le cercueil le moins cher (celui quon dirait fabriqué chez ikéa). En effet, il serait dommage quarrivé au cimetière, le croque-mort qui avait du gel sur le visage quand il pleuvait se retrouve avec une poignée dans la main, alors que le cercueil restera à terre, maintenu seulement par les 3 autres croque-morts, dont les poignées nauront pas décidé de se désolidariser de la boîboîte.
3- Tous les croque-morts se valent : ENCORE FAUX. Assurez-vous que le maître de cérémonie (celui qui parle à la famille) soit sobre. Sinon, vous risquez de vous retrouver avec un type effondré en sanglot dans le corbillard, parce que lalcool lui aura fait prendre conscience du fait quil na aucune envie de porter le cercueil dans le cimetière.
4- La musique est importante pour lambiance : VRAI. Il serait dommage de gâcher lambiance triste et recueilli en passant, en pleine église, je suis malade (ou pire, une chanson de Pascal Obispo). Si vous voulez de la musique, nhésitez pas à choisir un ave maria, classique mais toujours du plus bel effet. Si vous avez vraiment mauvais goût, vous pourrez opter pour Céline Dion hurlant la chanson de Titanic. Vous pourrez, si jamais il y a beaucoup de monde et que léglise est pleine, choisir puisque tu pars de Goldman, chanson qui na pourtant de sens que dans le cadre dune incinération (que les vents te mènent / où dautres âmes plus belles )
5- Une certaine retenue est nécessaire au cimetière : VRAI. Si jamais vous êtes la petite-fille du défunt et que vous détestez sa nouvelle femme, inutile de le lui hurler au cimetière, ou de jouer à Zidane avec ses fleurs. Ca la fout mal vis-à-vis des autres.
6- Le prêtre est compatit à votre peine : FAUX. Le prêtre est là parce que cest son boulot. Il se contentera de lire sa revue, dans laquelle le prénom du défunt est laissé en blanc, pour permettre au prêtre de marquer au crayon papier le prénom de votre défunt, prénom qui sera effacé dès le prochain. (Les mots nous manquent, seigneur, nous sommes dans lépreuve. Accepte notre silence comme une prière, pour . que tu connais et que tu aimes).
7- Les croque-morts sont des gens sympathiques qui compatissent : FAUX. Ils nen ont rien à foutre. Le but est de ramasser le plus gros pourboire possible. Vous pourrez vous dispenser dun pourboire si jamais le maître de cérémonie vous déclare ah ben ouai vous avez de la chance aujourdhui, parce que hier il pleuvait comme vache qui pisse.
Si vous suivez ces quelques conseils, vos amis devraient se rappeler de lenterrement de votre proche comme dun moment inoubliable, une fête dont vous aurez été le parfait artisan.
Chacun est libre de venir dire: Matthieu, t'es génial ou « Cette note est nulle, insensée, parce que bla bla bla ». Mais juste si c'est argumenté, si c'est pas pour le plaisir de dire tu fais rien que te moquer des gens, j'ai de la peine pour toi (tiens, Albertine, si tu nous regarde...)
Samedi, je parlais des différents types de blogs. Et certains me demandaient des noms. Et ben je vais vous donner un nom, qui appartient à une catégorie que j'ai oublié hier: lescrisvains. Et la catégorie est: le blog chiant et politiquement correct.
Samedi, il postait la réponse suivante:
Trop marrant !!
Pour une note un peu plus nuancée sur les blogs :
http://www.u-blog.net/lescrisvains/2004/11/13
Un coucou est un oiseau qui prend le nid des autres pour y installer ses propres oeufs. Lescrisvains prend les blogs des autres pour y faire sa publicité. D'autant que la note en question, elle ne me semble pas terrible mais bon, chacun est libre hein. En plus, commencer par une flatterie pour annoncer sa pub, mais c'est d'une bassesse...
Donc, notre parasite du blog a fait une note sur les blogs, dans laquelle il dit: « D'ailleurs d'aucuns trouveront que mon blog est chiant à mourir, ça parle de politique, ça critique TF1 (c'est quasiment blasphématoire de critiquer le dieu Télé) »
Bon, alors mon petit, welcome to the world: ton blog est tout ce qu'il y a de politiquement correct et d'aseptisé.
Sache qu'il est de bon ton de critiquer TF1, on le fait tous, mais on ne se prend pas pour des révolutionnaires. Regarde autour de toi: tout le monde critique TF1 (même ce pauvre Guy Carlier, pourtant salarié d'endemol chez Fogiel), mais personne ne se trouve génial de faire ça. Il est de bon ton de crier je nage à contre courant, regardez-moi, encore faut-il avoir l'idée de ce qu'est le contre-courant.
Sinon, sa note plus nuancé sur les blogs, c'est une note dans laquelle il énumère 7 types de blogs, en disant, à la fin: Mais en un mot de la liberté, et je suis ravi de voir toutes les manières différentes de l'exprimer, quoi que les autres puissent penser de nous. (Et quoi que je puisse en penser...)
Continuez !
Oui, sur ce blog révolutionnaire qui ose critiquer TF1, vous avez bien lu: vous avez le droit de vous exprimer à l'intérieur d'un blog! tout le monde est donc autorisé à dire ce qu'il veut! Il est sympa ce type hein ! Un peu plus, on se croirait en démocratie !
Notre ami le bloggeur chiant et politiquement correct se trouve génial et rebelle. Il n'est qu moralisateur aux idées conventionnelles. Personnellement, je m'en moque. Mais qu'il vienne sur mon blog se faire de la pub, ça me tue. Quand je pense qu'il y a des blogs comme celui d'Elisabeth, un blog génial et interactif, drôle et intéressant, ou celui de yael, plein d'humour et de tendresse, et que les gens qui alimentent ces blogs ne vont jamais se faire une pub aussi lourde... Il y a aussi Tarvalanion, qui touche souvent juste, ou Palimpseste, dont la note sur les blogs est la plus drôle que j'ai lu, ScriptaManent qui me fait mourir de rire, et pleins d'autres...
Toutes ces personnes qui ne viendraient pas racoler comme des tapineuses de bas étage (sauf palimpseste, mais on lui pardonne d'autant plus facilement que sa note, elle, est *vraiment* géniale).
Je vous conseille donc de ne pas aller sur le blog suivant: blog qui me casse les couilles avec sa pub à deux balles.
Aujourdhui, premier dimanche de lavent. Avant quoi ? Avant noël. Oui, les curés ont trouvé que ça suffisait pas noël, et quil fallait donc faire un truc pour ramener le fric ; doù lavent.
Léglise, cest le Auchan des cons ; ben oui, chez Auchan aussi ils préparent noël longtemps à lavance ; la différence cest quà Auchan, ils ne se cachent pas de vouloir ramasser de largent avec noël.
Bon, comme cest le premier dimanche de lavent, on va commencer mollo. Cette semaine : Le noël du Marin.
La Marin a une cinquantaine dannées. Ou un quarantaine. A moins quil nait 60 ans. De toute façon, ça fait un bail que tout le monde sen fout de lâge du capitaine. De même que de son nom. Il est devenu « le Marin » peu après sa descente dans la rue, devenue son monde depuis maintenant près de 15 ans. Le Marin traîne depuis 15 ans cette casquette achetée 3,50 francs à Emmaüs et qui lui a valu son surnom.
Un jour, peut-être lannée dernière, peut-être lannée davant, il faisait la manche du côté de Monoprix, sur les boulevards. Un petit garçon lui avait demandé : « Quest-ce que tu fais ici ? Tas pas froid ? ». Sa mère lavait brutalement tiré par le bras, lançant un sourire contrit vers le Marin, qui aurait préféré un euro ou deux. Ce gosse lavait plongé dans une rêverie, dans laquelle il se revoyait, gamin, avec ses parents, préparant un splendide noël, comme dhabitude. Une époque où il y avait des cadeaux, de la nourriture à profusion et du feu dans la cheminée. Une époque où il se mordit la joue jusquau sang pour ne plus rêver. Il ne voulait pas être hanté par les souvenirs des jours heureux.
Noël, cette année, il le passera comme toutes les années, à larmée du salut. En fait, il passera le réveillon et le jour de noël à larmée du salut. Comme toutes les années depuis depuis quil avait rencontré Gilbert, qui lavait tuyauté. Et il continuait maintenant à y aller, seul depuis la mort de Gilbert.
Pour le nouvel an, le programme était différent : une année, il allait au réveillon du secours catholique, lannée daprès, à celui du secours populaire. Pour pas faire de jaloux comme il le disait.
Ces réveillons, il les haïssait comme il haïssait le froid. Devoir sattabler avec ses compagnons dinfortune (qui, pour lui, étaient tout sauf des compagnons) et des dames patronnesses déguisées en pauvres (ben oui, elles faisaient un effort, elles mettaient de vieux tailleurs limites portables), qui sefforçaient détablir et de préserver un semblant dambiance artificielle, autour dun repas préparé avec soin, mais que le Marin nétait pas en mesure dapprécier (il bouffait des saloperies bon marché toute lannée et fumait autant que ses finances le lui permettaient, alors le goût du civet de biche ), cétait encore pire que pas de réveillon du tout.
Il préférait le réveillon de larmée du salut ; au moins, ils avaient tous la même tenue et ne faisaient semblant de rien. Bon, ils étaient un peu chiants avec leurs bondieuseries après le repas, mais sinon, ça allait. Enfin, ça allait, cétait quand même un jour de merde, parce que le lendemain de noël, cétait de nouveau la rue, mais mais il le faisait en mémoire de Gilbert, qui était quand même un chouette type.
Mais retrouver les même lieux, les mêmes dames patronnesses (ou les mêmes gradés) autour des mêmes assiettes et des mêmes verres en plastique (remplis de jus de fruits à larmée du salut, tu parles dune fête), ça le rendait triste.
Parce que lannée daprès, ce serait encore la même chose. Et toutes les années daprès aussi, jusquà ce quil rejoigne Gilbert.
Parce que pour le Marin, le miracle de noël nexiste pas, et nexistera jamais.


