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JE M'EMPRESSE DE RIRE DE TOUT DE PEUR D'ETRE OBLIGE D'EN PLEURER

 

Samedi 17 décembre 2005

Un jour, il arrive un truc énorme à quelqu’un. Mais un truc négatif, qui, s’il n’empêche pas forcément la vie de se poursuivre, fait qu’elle n’est qu’un sursis, vécu comme tel.

 

Dans « piégés par Staline », Nicolas Jallot rassemble des témoignages de personnes qui, vivant en France aux lendemains de la seconde guerre mondiale, ont accepté l’invitation de Staline de retourner en Russie. Ces français et russes nés en Russie et ayant fuit la révolution, les enfants de ces gens qui ont choisi d’aller vivre en URSS, pour (re) voir la mère patrie et vivre la vie triomphante des camarades socialistes se sont fait baiser la gueule.

Une fois sur place, certains ont été déportés au goulag, d’autres ont été exilés dans des villages perdus au milieu de nulle part, ne parlant pas la langue du pays (les conjoints français ayant également été gracieusement conviés).

 

Et au milieu de ces témoignages bouleversants, on trouve également des traces de cette magnifique ironie, propre à ceux qui savent qu’ils ont tout perdu, et que rien ne pourra changer jusqu’à leur mort :

Certains, qui étaient invités, étaient restés en France, doutant de la bonté du petit père des peuples. Ils avaient demandé à des connaissances, rentrée en URSS, de les informer de l’état du pays, afin de savoir si la vie était vraiment meilleure dans la patrie du prolétariat révolutionnaire. Et ceux qui étaient chargés d’envoyer la lettre ont effectivement écrit. Ils ont écrit la chose suivante (je cite de mémoire, je n’ai pas le livre sous la main) :

« Venez nous rejoindre dès que Elga sera mariée »…

Ladite Elga était âgée, à ce moment-là, de six mois.


Mais le plus beau (à mon sens) est l’histoire de la photo promise par les retournants : si la situation était effectivement magnifique en URSS, ils enverraient une photo de leur famille sur laquelle tout le monde serait debout. Sinon, ils seraient tous assis.

Et comme ils l’avaient promis, ces retournants ont envoyé une photo. Sur laquelle tout le monde était couché…

 

Une superbe ironie qu’on retrouve chez Romain Gary, en particulier dans « la danse de Gengis Cohn ». Ledit Gengis Cohn était un comique juif assassiné par les nazis, qui, au moment d’être fusillé, se retourne, baisse son pantalon et montre son cul aux bourreaux.

 

Voilà, c’étaient quelques mots pour parler de littérature (parce que dans cette rubrique sur ce blog, je n’avais parlé que des merdes produites par Marc Lévy, Bernard Werber, Amélie Nothomb… etc).

 

Maintenant, je vais finir « le démon » de Selby Jr. Hubert, qu’un certain humaniste m’a envoyé (qu’il soit béni jusqu’à la 42ème génération). Un livre qui raconte l’ascension d’un type qui a toujours besoin de… oh et puis j’en dis pas plus tiens, c’est un livre absolument génial.

 

Matthieu

 

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