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JE M'EMPRESSE DE RIRE DE TOUT DE PEUR D'ETRE OBLIGE D'EN PLEURER

 

Jeudi 2 mars 2006

Et oui, au bureau, rien n’a changé depuis la dernière fois où je vous en parlais. Même mieux, personne ne s’est amélioré (et moi non plus, bien évidemment). La semaine dernière, je ne me souviens pas qui a lancé le débat sur la mort d’Ilan Halimi (et ce n’est pas moi). Quelqu’un qui se plaignait que maintenant, on parlait d’un crime antisémite.

C’était édifiant cette discussion.

 

Celle dont le prénom commence par Si et fini par mone (oui, celle qui cherchait la touche ‘rien’ sur son clavier) a décrété qu’elle en avait marre. Parce que c’est vrai quoi, des fois, on se demande, bon, c’était pas pour dire, mais quand même, des fois on a l’impression qu’ils le font un peu exprès, à se promener avec un chapeau et des papillotes. Non mais on est en France quand même. C’est comme les arabes d’ailleurs, elle a rien contre, mais quand son fils a été manifesté après le 21 avril, ben il s’est fait voler son sac par un arabe, alors qu’il avait été manifester pour eux quand même. Mais les juifs, on a l’impression qu’ils cherchent les problèmes quand même. En plus, c’est eux qui ont l’argent, bien sûr, y’a qu’à voir le nom des banquiers, et il y a des quartiers entiers de juifs dans certaines villes.

 

Un autre membre émérite a ajouté qu’on se demandait d’où ils tenaient tout leur argent, puisque, après la seconde guerre mondiale, ceux qui sont revenus ont racheté des immeubles, alors qu’ils étaient censés ne rien avoir. Ce doivent être les américains qui ont financé. Et puis, les juifs pauvres n’existent pas. Et, ancien membre du PC, il a ajouté qu’il avait connu des juifs au parti, mais des intellectuels, des professions libérales, et pas un ouvrier. Lorsque j’ai eu l’audace de dire qu’il y avait certainement des ouvriers juifs quelque part, il m’a assuré du contraire. Et de toutes façons, les kibboutzim ne sont plus occupés par des juifs, mais par des arabes.

C’est rigolo l’argument des ouvriers et des juifs pauvres. Parce qu’il faut avoir une mentalité assez particulière pour demander aux juifs que l’on côtoie leur profession, pour avoir le plaisir de les ranger dans la catégorie ‘professions à fric’.

Un autre collègue m'a quasiment crié dessus que "les juifs [puaient] le fric", qu'il n'y a qu'à voir certaines rues commerçantes qui ne sont tenues que par des juifs. Il aurait été inutile de lui parler des juifs de Créteil qui habitent dans une cité pas terrible, qui se trimballent en métro avec une casquette au dessus de la kipa, casquette qu'ils enlèvent dès qu'ils ont quitté le métro.
 

De ceux qui viennent sur ce blog, je sais que certains sont juifs. Il y en a qui sont juif et je ne le sais même pas. Ben il ne me viendrait pas à l’idée de demander la profession des gens qui viennent sur ce blog, pas plus que de demander un certificat de judéité.

 

J’aurais presque pu intituler ce post « chronique de l’antisémitisme ordinaire », mais on aurait prit ça pour un amalgame.

 

Matthieu

par Matthieu C. publié dans : le bureau
Mardi 7 février 2006

Il n’y a pas de sots métiers, il n’y a que de sottes gens, disait dans un français châtié un mien membre de la famille (relisez bien cette phrase, parce que des comme ça, j’en ferai pas deux fois). Il n’y a peut-être pas de sots métiers, mais il y a des métiers de con quand même. Nous ne parlerons pas du diététicien d’Ariel Sharon (l’ex premier ministre qui, dans un souci de popularité, voulait ressembler à Maurane et s’était donc laissé pousser le ventre), mais de métiers plausibles, qui sont toutefois réservés à une élite (et quand je dis « élite »…).

Mais d’abord, éliminons le métier de sommelier aux restos du cœur, parce que proposer un Kiravi cuvée 2005 catégorie gros rouge (il a du retour, comme un goût de vinaigre) ou un La villageoise bouteille plastique (qui a un subtil arôme de vinasse), faut pas avoir été longtemps à l’école non plus.


Donc, la liste des boulots de cons :

 

Neurochirurgien pour chanteuses à voix : Parce que si on prend Lara Fabian, par exemple, il n’y a pas grand chose à neurologuer derrière ces gros yeux vides qui n’expriment rien d’autres que le vertige du rien. En même temps, ça marche aussi pour Mylène Farmer qui n’a pourtant pas de gros yeux tous globuleux.

 

Ingénieur du son chez John B. Root : parce qu’on imagine mal que le producteur demande « plus de profondeur dans la voix de l’actrice », ou même que le « oh oui, oh oui, met la moi toute » ressorte mieux par rapport au contexte erotico-subliminal du jeu des comédiens.

 

Compositeur de sonneries pour téléphone portable : Parce que ça doit exister quand même. Et je parle pas du type qui prépare les MP3 de chansons connues pour télécharger sur portable en appelant un numéro surtaxé. Non, je parle des créations originales livrées en échantillon avec chaque nouveau téléphone, agrémentées d’un nom évocateur comme « chinois » ou « indien ».

 

Représentant Durex® au Vatican :  parce qu’il doit bien y avoir une pharmacie, et qu’un pauvre type, représentant chez Durex®, s’est vu assigner le Vatican comme secteur. En plus, il est multicasquette, il fait aussi les pilules du lendemain… Il doit relativement en chier. En même temps, il a plus de chance que son collègue qui a, comme secteur, l’Iran.

 

Promoteur immobilier au Groenland : Parce que vendre des igloos qu’on a bâtit, ça doit pas être évident, surtout avec la vue sur les pingouins et les manchots, comme dans le film « la marche de l’empereur ». Et que quand on a vu un pingouin, on les a un peu tous vus.

 

Masturbateur de dindons dans le Vème arrondissement à Paris : Parce que vous en avez vu beaucoup vous des dindons dans le Vème ? (à part Jean Tibéri). Et qu’actuellement, exercer ce métier noble et nécessaire ne peut se faire à Paris. Comme quoi, il y en a qui se trouvent au mauvais endroit au mauvais moment.

 

Caricaturiste danois dans la bande de Gaza : Ce n’est pas un boulot de con, c’est uniquement parce que y’en a qui sont vraiment au mauvais endroit au mauvais moment.

 

Matthieu

par Matthieu C. publié dans : le bureau
Samedi 21 janvier 2006

Le formidable roman de Hubert Selby Jr commence comme du Bukowski., ce qui n’est déjà pas si mal :

Ses amis l'appelaient Harry. Mais Harry n'enculait pas n'importe qui. Uniquement des femmes... Des femmes mariées.

Renseignements pris dans la suite du livre, Harry ne se contentait pas de les enculer ces femmes mariées, il les baisait aussi. Et s’il ne recherche que des femmes mariées, c’est qu’elles sont moins collantes que des célibataires, et surtout ces relations lui procurent une poussée d’adrénaline, ces amours furtives (la liaison n’est suivie avec aucune) étant bien plus incertaines qu’une liaison régulière : le mari peut rentrer plus tôt, la femme qui a donné son adresse peut avoir menti et habiter ailleurs, tout un tas de raisons qui pimentent sa vie. Parce que comme le disait Clemenceau, le meilleur moment en amour, c’est quand on monte l’escalier.

Sinon, Harry vit chez ses parents, c’est plus facile, il a pesé le pour et le contre et s’est rendu à l’évidence : rien ne vaut une maison dans laquelle on n’a rien à faire.

 

Harry est un beau mec, qui a un boulot très intéressant et bien payé, dans une boîte dans laquelle il peut espérer une progression de carrière aussi rapide qu’intéressante, il s’entend bien avec ses parents et à part des relations sexuelles avec les femmes des autres, il n’a pas de vices. Presque un conte de fée moderne, dans lequel Harry se marierait et aurait beaucoup d’enfants.

 

Harry va finalement se marier, avec une très belle fille qui travaille dans la même boîte que lui. D’abord parce qu’il aime cette fille, ensuite parce que cela fera avancer sa carrière, qui stagne depuis qu’il arrive en retard au bureau (pour suivre des femmes dans la rue, juste pour le plaisir de les regarder). Il se marie donc, est fidèle au début, infidèle avec dégoût ensuite, puis infidèle dégoûtant enfin. Il a un enfant, mais quelque chose lui manque : les relations sexuelles avec les femmes mariées ne lui apportent plus la même excitation qu’au début. Ca le lasse. Il a besoin d’autre chose qui lui procure cette adrénaline : ce sera le vol, qu’il découvrira par hasard. Il va au restaurant, part sans payer, et découvre que le temps d’aller de la table au dehors procure une exaltation égale à la conquête de femmes mariées. Parce que dans ces vols comme dans les relations sexuelles, la conquête n’est pas une fin en soi.

 

Dans cette descente aux enfers, Harry ne cherche pas à vivre avec sa part d’ombre, il cherche à la nier. Et lorsqu’il a besoin de quelque chose, un peu à l’image du Patrick Bateman de Américan Psycho (mais là s’arrête la ressemblance, Hubert Selby Jr ayant un style ; clair et net comme un coup de couteau), il le prend, sans se soucier des autres ni des conséquences.

 

Un peu comme au début d’une montagne russe, le wagon monte lentement, et vous savez que vous ne pourrez pas quitter le manège avant d’avoir fait la descente, Harry se retrouve pris dans un engrenage qu’il ne maîtrise pas. Le conte de fée du début devient un cauchemar qui se fini assez logiquement en fait…

 

Matthieu

par Matthieu C. publié dans : le bureau
Jeudi 5 janvier 2006

Bonjour les amis, vous allez bien ? Moi ça va pas très fort. La grosse s’est barrée comme la salope l’année dernière. C’est fou, on dirait que c’est marqué sur ma gueule que les femelles doivent se tirer de moi quand y’a une nouvelle année qui commence. Elle m’a dit que j’avais trop refusé de voir son pasteur, et qu’il lui avait dit de plus me voir, que j’étais pas un truc de dieu. Enfin bon, c’est ce que j’ai compris les amis. En plus, elle m’a dit ça le 20 décembre, juste avant les fêtes et tout, et moi je trouve ça dégueulasse les amis parce que je comptais sur elle pour payer la bouffe de noël et du nouvel an. Vous savez quoi les amis ? Toutes les femmes sont des salopes en fait.

 

Alors heureusement que y’a Jean-Jean et Josy, j’ai fait le nouvel an avec eux. Jean-Jean a toujours son boulot à la charcuterie industrielle, il en chie mais il tient sa place. Mais c’est un mec qui a des couilles au cul le Jean-Jean.

 

Le grand vit avec Sandy-les-gros-tétés, et elle est enceinte, j'ai appris ça y'a 15 jours !. Vous savez quoi les amis ? D’ici 8 mois, je serai grand-père, moi qui suis encore jeune et tout, c’est rigolo ce que la vie nous réserve quand même non ?

 

Le gosse est toujours à la maison, il s’est un peu calmé, surtout depuis que j’y ai inscrit au FNJ, le front nationnal pour les jeunes, ils ont des réunions et tout, et j’ai forcé le gosse à y aller au début, il a fallu que je l’emmène et que je le force, mais maintenant qu’il est allé 5-6 fois, il aime bien, je crois qu’ils sont sympas avec lui là-bas, c’est bien pour lui ça. A 15 ans, il a besoin de voir ce que c’est l’avenir de la France.

 

Moi je continue à bosser à Podis, avec les brioches et tout. Je vais peut-être draguer une des filles qui travaille à l’emballage, parce que rester seul et sans baiser, c’est pas trop mon truc.

 

En fait, si je vous parle de tout ça, c’est que c’est mon dernier message ici normalement. Je vais plus écrire, parce que raconter ma vie ici ça m’amuse plus autant qu’avant, et puis parce que je veux trouver une femme et que j’ai besoin de temps pour ça.

Au début, j’ai commencé à écrire ici, c’était une fois comme ça, puis encore une, et puis je me suis retrouvé à écrire toutes les semaines. J’ai bien aimé mais maintenant c’est fini.

Peut-être je vous donnerai des nouvelles de temps en temps, peut-être que peut-être pas, comme disait je sais plus qui, mais j’ai bien aimé quand vous m’avez laissé des commentaires et tout. Je veux que vous savez que vous avez été sympa avec moi (sauf des pédés qui m’ont écrit des insultes de bougnoules), que j’aimais bien venir ici, mais que voilà, que c’est fini quoi.

 

Au fait les amis, bonne année ! ! !

 

Et puis, pour se rappeler du bon vieux temps, je met ici une blague qu’on m’a envoyé, elle est drôle vous allez voir. Allez, bon vent les amis !

 

La femme à son mari :
Tu sais les maux de têtes que j'avais continuellement depuis quelque temps... et bien, ils sont disparus.
Plus de maux de tête ? questionne le mari. Qu'est-ce que t'as fait ?
Mon amie m'a référé à un hypnotiseur et il m'a dit de me tenir devant un miroir en répétant : je n'ai pas mal à la tête, je n'ai pas mal à la tête, je n'ai pas mal à la tête et ça a marché.
Mes maux de tête sont disparus.
C'est fantastique, réplique le mari.
Tu sais, tu n'es pas trop performant au lit depuis quelques temps , enchaîne la femme. Peut-être devrais-tu le consulter toi aussi ?
Après avoir consulté l'hypnotiseur, le mari revient à la maison, enlace sa femme, l'entraîne dans la chambre, la couche sur le lit et lui dit :
Ne bouge pas, je reviens dans quelques minutes. Il s'enferme ensuite dans la salle de bains et quelques minute plus tard revient dans la chambre et honore sa femme avec une passion peu commune.

Sa femme ne tarit pas d'admiration devant une telle performance. Le mari dit :
Ne bouge pas, je reviens dans quelques minutes et il retourne dans la salle de bain s . Au bout de quelques minutes, il revient dans la chambre et refait l'amour à sa femme encore plus passionnément que la première fois.
La femme est épuisée mais ravie. Le mari dit :
Ne bouge pas, je reviens dans quelques minutes et il retourne dans la salle de bain .
Cette fois , sa femme le suit intriguée. Elle le voit debout devant le miroir qui répète
Elle n'est pas ma femme, elle n'est pas ma femme, elle n'est pas ma femme ...

Roger

par Matthieu C. publié dans : le bureau
Mercredi 23 novembre 2005

A écouter, sous Firefox



A écouter, sous IE (normalement ça marche)


Normalement, quand je parle du bureau, c’est pour raconter les conneries de Ouin Ouin, les délires de Simone. Pas aujourd’hui. Hier, un collègue a reçu un coup de fil de sa fille qui lui a dit que son meilleur ami (à sa fille) venait de se tuer en voiture. Ouin Ouin a aussitôt demandé s’il était mort du coup du lapin ou s’il avait saigné, avant d’ajouter que c’était finalement préférable à finir sa vie en fauteuil roulant.

Je me suis, du coup, souvenu de Christine, avec qui j’étais en stage. Il y avait aussi Jérôme, qui avait une cicatrice impressionnante à la tête. On ne savait pas d’où elle venait, jusqu’au jour où il nous a appris qu’il avait été victime d’un grave accident de voiture, en compagnie de 2 amis. Christine, l’œil gourmand, lui a demandé :

- «Et ils sont morts ? »
Aujourd’hui, Christine a un cancer du sein. J’espère qu’elle s’en sortira, mais j’espère aussi que des gens bien intentionnés viendront lui demander : « alors, c’est dur ? tu souffres ? t’en chie ? ».
Pour tous ces gens-là, ce truc écrit un peu sous le coup de la colère.

 

Tous les ouin-ouin du monde

 
Se repaissant du  sang d’autrui,
Les ouin-ouin aiment les tragédies
Accidents, crimes, meurtres en série
Douleurs, peine, tout ce qui détruit
 

Alléchés par l’odeur du sang,
Ils en redemandent, des détails
Affamés de bouts croustillants
Bouts de cadavres, ils font ripaille
 

Pauvres vautours des sentiments,
Charognes des douleurs, des souffrances,
Vermines de la tristesse, des bouleversements
Souillures, immondices, dont l’œil danse
 

Vous pouvez les voir de partout
L’œil, l’oreille, tendus, aux aguets
Guettant la tristesse mais surtout 
Le macabre, pour se rassasier
 

Ils, elles surjouent la compassion
Prennent l’air triste et la voix défaite,
Mais ils ne sont que des pauvres cons,
Avec leurs mots de canisette
 

« Tu souffres, tu as mal, c’est dur hein ?
J’ai connu, mais pas aussi fort
Tu vas en baver, c’est certain,
Maintenant qu’il s’est éteint, mort 
 

Finalement, là où il est,
Dans sa caisse, mort et souriant
C’est mieux que d’être handicapé
Poussé dans un fauteuil roulant »
 

Idiots ! Fermez vos gueules de cons,
La douleur ne se partage pas !
Le jour où vous connaîtrez ça,
Je serai là, à rire pour de bon
 

A rire de vos sanglots, vos peines,
A rire pour venger ceux que vous
Avez blessé avec vos lexèmes
Avez tué avec vos mots fous
 

J’irai cracher sur vos tombes,
J’irai vomir sur votre cercueil
A l’église, je foutrai des bombes,
Jamais ne respecterai vos deuils.

 

Matthieu

par Matthieu C. publié dans : le bureau
 

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